Darknet, dégagisme, fiché S… Voici les nouveaux mots du dictionnaire

VOCABULAIRE Le Robert illustré, version grand public du Petit Robert, a présenté ce lundi matin les nouveaux mots entrant dans le dictionnaire…

A.D. avec AFP

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Le Robert illustré, version grand public du Petit Robert, a présenté ce lundi matin les nouveaux mots entrant dans le dictionnaire.
Le Robert illustré, version grand public du Petit Robert, a présenté ce lundi matin les nouveaux mots entrant dans le dictionnaire. — Minto Jason/SUPERSTOCK/SIPA

Quels nouveaux mots vont intégrer le dictionnaire ? Le Petit Robert et le Petit Larousse, les deux principaux dictionnaires du monde francophone, présentent ce lundi leur millésime 2019, chacun cherchant à coller au plus près de l’actualité en présentant leurs nouveaux mots sans crainte de « l’infobésité » (excès d’information).

Le Robert illustré, version grand public du Petit Robert, a dégainé le premier en présentant ce lundi matin ses nouveautés. Le Petit Larousse a prévu de faire sa présentation en début d’après-midi mais annonce déjà 150 nouveaux mots et 50 nouveaux noms propres pour sa nouvelle édition. 

La personne « fichée S » et le terrorisme

Si la politique est bien présente dans le Petit Robert avec notamment les mots le « dégagisme » de Jean-Luc Mélenchon et « antisystème ». Les substantifs « marcheur » et « insoumis » gagnent, eux, un nouveau sens.

Nul n’ignore désormais ce qu’est une personne  fichée S, ni ne s’étonne d’apprendre que le conducteur du « camion fou » a été neutralisé ou qu’un internaute a été condamné pour « apologie du terrorisme ». Si nous sommes, pour la plupart, bien incapables d’accéder au « Darknet », la face sombre d’Internet, nous avons tous entendu parler de l’usage malintentionné qu’en font certains.

Le retour des djihadistes dans leur pays d’origine pose le problème de l’accueil à réserver à ces « revenants ». La « cyberdéfense » protège le pays tandis que les données, les réseaux et systèmes informatiques relèvent de la « cybersécurité ».

Le « rageux », plus connu sous le nom de troll

Le multimédia apporte son lot de nouveautés avec des mots comme « autocomplétion » (une fonctionnalité proposant des mots à partir des premiers caractères tapés sur son clavier), « webminaire » (séminaire en ligne) ou le déplaisant « rageux » (plus connu sous le nom de troll) ou encore « chatbot » (agent conversationnel). Si vous voulez, on se met en « mode avion » et on repasse tout ça en « replay »…

Nul n’ignore qu’il peut être la proie d’un « rançongiciel » (qui réclame de l’argent contre la restitution des données). Internet est aussi bien le terrain de prédilection de l’« hacktivisme » que celui des adeptes de « l’e-sport » ou sport électronique

Après l’affaire Weinstein, l’expression « violences faites aux femmes » rejoint pour la première fois le dictionnaire. Même chose pour « l’écriture inclusive » et la reconnaissance de la « charge mentale » qui incombe le plus souvent aux femmes. Réjouissons-nous de l’élection d’une « mairesse » à Montréal, là où la féminisation des noms de métier est une évidence.

La lutte pour les droits des minorités doit être une priorité pour les pouvoirs publics, régulièrement interpellés sur ces questions alors que les personnes « trans » ou « intersexes » continuent d’être stigmatisées. Le mouvement « queer » voulait rassembler les personnes subissant des discriminations en raison de leur orientation sexuelle. Le surpoids est une autre cause de discrimination, à l’œuvre dans la « grossophobie ».

Une part de « bredele »

C’est dans la rubrique gastronomie que se répandent tous les parfums des saveurs lexicales. Du « bredele » (gâteau alsacien) accompagné, pourquoi pas, d’un « ristretto » (café serré), on entreprend un voyage culinaire autour du monde qui nous entraîne jusqu’au Japon où l’on pourra goûter « teriyaki » (viande ou poisson grillé et mariné) ou « gomasio » (condiment au sel marin et sésame grillé). Restera-t-il de la place pour la « pavlova » (gâteau meringué garni de crème chantilly et de fruits) ? Pas sûr !

Aller retirer ses courses au « drive » avec son « SUV » (« monospace de tourisme équipé de quatre roues motrices ») n’est pas très écologique. Échanger des services à « l’accorderie » de son quartier l’est davantage. Plus question de jogging ou de footing, la mode est au « running ». Que l’on soit « cosplay » ou « fashionista », on appelle un « VTC », plus confortable que l’« hoverboard », pour aller applaudir le « musical » à la mode. Le « storytelling » recourt volontiers au « globish », que ce soit pour vanter le charme d’un quartier qui se « gentrifie » ou encourager les retraités à » l’héliotropisme ».

Se « prendre une brosse »

La francophonie prouve une nouvelle fois que le français est une langue vivante et inventive. Ce ne doit pas être une raison pour « prendre une brosse » (s’enivrer au Canada) d’autant qu’on risquerait d'« ébriquer » (casser en Suisse) tout ce qui nous tombe sous la main. Qu’on ne se plaigne pas alors si on se fait « azorer » (gronder en Suisse). L’important est de rapporter tous ses détritus à l'« écocentre » (déchèterie au Canada).

Du côté des noms propres, le footballeur brésilien Neymar côtoie le prix Nobel de littérature britannique Kazuo Ishiguro et l’auteur de polars norvégien Jo Nesbo ainsi notamment que le spationaute français Thomas Pesquet.

 

Le Robert illustré (31,90 euros) paraîtra le 19 mai et le Petit Larousse (29,90 euros) le 23 mai. Le Petit Robert de la langue française (64,90 euros) et le Petit Robert des noms propres (59 euros) sont quant à eux attendus en librairie le 28 juin.