Eurovision: «Passer après Madame Monsieur pour représenter la France, sera compliqué», estime Noée

MUSIQUE Candidate malheureuse de « Destination Eurovision », Mélanie, alias Noée, fera quand même entendre sa voix lors de la finale de l’Eurovision samedi, puisqu’elle est l’une des deux choristes des candidats français Madame Monsieur…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Noée sur le plateau de Destination Eurovision en janvier 2018.
Noée sur le plateau de Destination Eurovision en janvier 2018. — Capture d'écran France 2
  • La finale de l'Eurovision 2018 sera retransmise ce samedi en direct de Lisbonne, à 21 heures sur France 2.
  • Le duo Madame Monsieur représentera la France.
  • 20 Minutes a interviewé Mélanie, alias Noée, qui connaissait le duo français bien avant de participer à Destination Eurovision à son côté.

De notre envoyé spécial à Lisbonne (Portugal)

Elle était en lice à Destination Eurovision, l’émission lancée par France 2 en janvier pour désigner le candidat français au concours de chansons mais elle s’est inclinée en demi-finale. Mélanie, alias Noée, est quand même du voyage à Lisbonne puisqu’elle fera les chœurs du duo Madame Monsieur, lors de la finale de ce samedi. La jeune artiste, qui travaille à l’écriture de nouvelles chansons, s’est confiée à 20 Minutes sur la manière dont elle vit l’expérience Eurovision

Comment vous êtes vous retrouvée à l’Eurovision ?

Je connaissais déjà Emilie et Jean-Karl avant Destination Eurovision. Nous sommes amis depuis de nombreuses années. Avant d’être sélectionnés pour l’émission, on s’était fait écouter nos chansons respectives. Quand on s’est retrouvés sur le plateau de France 2, on s’est dit que c’était le destin. J’ai été éliminée demi-finale - ce qui n’est pas grave du tout - et Emilie et Jean-Karl, qui ont gagné, m’ont contactée quelques jours plus tard pour me dire qu’ils avaient besoin de chœurs pour l’Eurovision. Accepter était pour moi une évidence : je les adore, j’avais envie d’être avec eux et de vivre le concours d’une façon un peu plus passive que si j’avais été candidate avec ma chanson (rires).

Comment se passe votre semaine ici, à Lisbonne ?

Je me rends compte que pour l’artiste qui représente son pays, le rythme est soutenu. Ils enchaînent répétitions et interviews. Je suis contente de le vivre de façon plus soft, d’être là pour les aider et les épauler. Pour l’instant, ce ne sont que des bonnes surprises, la scène est superbe, les équipes géniales. C’est une belle aventure. De notre côté, ça se passe assez bien, c’est du travail et des horaires compliqués parfois.

Samedi, lors de la finale, vous chanterez, comme ce sera le cas pour de nombreux autres choristes, cachée derrière la scène. Ce n’est pas frustrant ?

Très honnêtement, pas du tout. Je suis contente de dire que je fais les chœurs pour l’Eurovision, mais passer du statut de candidate à celui de choriste sur scène, ce n’est pas ce qui me motive. Je n’avais pas forcément envie d’être sur scène, en tenue. Il y aurait eu davantage de travail de mise en scène et cela n’aurait rien apporté. La bulle, c’est Emilie et Jean-Karl, il faut que cela reste comme ça. Je suis plus détendue. Je chante ma partie derrière avec Alison, la deuxième choriste, je m’amuse et c’est très bien comme ça.

Quel est votre rôle, en dehors de la scène, avec Emilie et Jean-Karl, du duo Madame Monsieur ?

On est une équipe. Dès qu’il y a un truc un peu stressant ou oppressant on en parle ensemble et on trouve les solutions. On les fait rire, on est là pour les détendre. L’idée qu’on se donne tous, c’est qu’on est un peu en colonie de vacances, on se connaît tous, on est potes dans la vie. Là, on se retrouve pour du travail, mais du travail qu’on décline en allant boire une bière et en décompressant (sourire). Mais Emilie et Jean-Karl sont très forts tous les deux, ils n’ont pas vraiment besoin de beaucoup de monde autour.

Il est très fréquent que des choristes de l’Eurovision finissent par concourir en pleine lumière, à l’image de la Britannique SuRie cette année. Vous aimeriez représenter la France à l’Eurovision ?

Je ne le ferai pas pour le faire, mais si j’ai la bonne chanson pour représenter la France, ce sera sans hésiter. L’aventure donne envie quand on voit l’ampleur de la scène et de l’événement. L’artiste qui dit qu’il n’a pas envie d’être regardé par 200 millions de téléspectateurs est, je pense, un menteur. (Sourire) Mais il faut le bon projet, la bonne chanson et avoir un message à délivrer. Passer après Madame Monsieur, ça va être compliqué parce qu’ils ont donné une nouvelle image de l’Eurovision et amené plein de gens dans la boucle. Ils ont modernisé tout ça.

La modernisation a commencé avec Amir en 2016, non ?

Clairement, avant Amir, on était tellement mal classés que les Français se disaient « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ringard ? » Je crois que la sixième place qu’il a obtenue avec J’ai cherché a aidé les gens à se dire : « OK, la France peut faire un bon résultat. » D’année en année, l’Eurovision est de moins en moins ringarde - en même temps, quand je dis « ringard », je ne suis personne pour juger. Ce n’est pas forcément que l’émission a changé mais plutôt que le regard des Français sur l’Eurovision a changé.

Comment appréhendez-vous l’annonce des points samedi ?

J’ai tellement envie qu’Emilie et Jean-Karl gagnent ou, du moins, qu’ils soient bien classés parce qu’ils le méritent, que je vais avoir le ventre noué. Le décompte des points étant très long, on a le temps de faire des montagnes russes. Je pense que, s’il y a des 12 points, je me connais, je vais avoir le cœur qui bat.