Histoire: Le docteur Asperger a « coopéré activement » avec le regime nazi

ETUDE Un document datant de 1940 juge le pédiatre autrichien « en conformité avec les idées » nazies…

20 Minutes avec agences

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Le docteur Hans Asperger a « coopéré activement » avec le régime d'Adolf Hitler.
Le docteur Hans Asperger a « coopéré activement » avec le régime d'Adolf Hitler. — Rex Features/REX/SIPA

Il « a fait en sorte de s’adapter au régime nazi et a été récompensé avec des perspectives de carrière pour ses manifestations de loyauté ». Telles sont les conclusions d’une étude publiée jeudi 19 avril sur Hans Asperger (1906-1980), l’homme qui a donné son nom au syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.

Le pédiatre autrichien a « coopéré activement » avec le programme nazi d’euthanasie d’enfants, écrit Herwig Czech, historien de la médecine à l’Université de Vienne. Il « a légitimé publiquement les politiques d’hygiène raciale y compris les stérilisations forcées ».

« En conformité avec les idées » nazies

Pour ses travaux publiés dans la revue Molecular autism, Herwig Czech explique avoir consulté de nombreuses publications dont des documents d’archives jusqu’alors inexploités, y compris les dossiers personnels du docteur et des études de cas de ses patients.

L’historien cite un document nazi de 1940 selon lequel Asperger « était en conformité avec les idées national-socialistes sur les questions de race et les lois sur la stérilisation ». Après l’annexion de l’Autriche par les nazis en mars 1938, il s’est d’ailleurs mis à signer ses rapports de diagnostic avec la formule « Heil Hitler ».

800 enfants morts dans un hôpital psychiatrique

Selon l’étude, le docteur Asperger a également recommandé le transfert de deux fillettes, de deux et cinq ans, au fameux centre Am Spiegelgrund situé à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique Steinhof de Vienne. Dans ce centre, 800 enfants dépourvus de « pureté raciale » et d'« intérêt héréditaire », ont été tués notamment par empoisonnement.

Enfin, le docteur Asperger a fait partie d’une commission chargée de décider du sort de quelque 200 malades dans le département pour enfants d’un autre hôpital, dont 35 qualifiés d' « inéducables » qui sont morts par la suite. Le doute quant à son adhésion au régime nazi ne semble donc pas permis, selon l’étude.