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SURVIE« Vincent doit mourir » et c’est bizarre, mais on s’en réjouit !

« Vincent doit mourir » : Pourquoi le calvaire d’un homme traqué nous réjouit

SURVIEEntre horreur et comédie, le calvaire de Karim Leklou dans le film de Stephan Castang devient une fable aussi originale que réussie
Vimala Pons et Karim Leklou dans « Vincent doit mourir » de Stephan Castang.
Vimala Pons et Karim Leklou dans « Vincent doit mourir » de Stephan Castang. - Capricci Films / 20 Minutes
Caroline Vié

Caroline Vié

L'essentiel

  • Un graphiste paisible devient soudain la cible d’inconnus qui veulent le tuer.
  • « Vincent doit mourir » confronte Karim Leklou à des actes de violence inexplicables et inexpliqués.
  • Vimala Pons est aussi convaincante que lui dans ce premier film qui mélange les genres avec virtuosité.

Dans Vincent doit mourir, premier long métrage de Stephan Castang, Karim Leklou incarne un homme ordinaire que tout les gens dont il croise le regard veulent subitement tuer sans aucune raison apparente. « La question n’est pas pourquoi on veut le tuer mais comment il va survivre », explique Stephan Castang à 20 Minutes.

Cette comédie absurde, découverte à la Semaine de la critique du dernier Festival de Cannes, débouche sur une belle histoire d’amour, quand le héros croise une serveuse jouée par Vimala Pons.

« Il s’agit d’un film de genres, et j’insiste sur le pluriel car je ne veux pas être cantonné à un seul d’entre eux, martèle le réalisateur. J’ai autant été nourri par le cinéma de Robert Bresson que par celui de John Carpenter. » Le cinéaste a tiré le meilleur parti de sa cinéphilie éclectique pour offrir un film qui déroute agréablement avant de séduire par son originalité et sa liberté de ton.

Un film inclassable

« Flirter avec les genres, permet de faire une autre expérience du présent, précise Stephan Castang. Un bon exemple de cela est Parasite de Bong Joon-ho qui est difficilement classable, ce qui ne l’a pas empêché de conquérir le monde entier. » Vincent doit mourir dégage le même type de charme que le film coréen. Celui de parler de la nature humaine sans se prendre au sérieux, ce qui conduit à une réflexion d’autant plus salutaire.

Le duo en cavale et leur chienne (merveilleuse Suzie qui aurait mérité la Palm Dog) pourraient être tout le monde et n’importe qui, ce qui les rend très attachants. « Le côté social est présent dans l’histoire, mais il n’en est pas le moteur ce qui nous permet de sortir d’un naturalisme parfois trop appuyé dans le cinéma français », insiste le réalisateur.

Tendresse et paranoïa

Le burlesque n’est pas loin quand le monde se déchaîne sur ce graphiste sans histoire dont la vie tourne au cauchemar absolu. « Je n’ai pensé à aucun événement en particulier mais plutôt à l’atmosphère de violence qui nous entoure constamment. On a souvent l’impression que les gens n’attendent qu’un prétexte pour en venir aux mains », déclare le cinéaste.

La paranoïa dans laquelle pourrait se perdre un brave type ne pouvant plus faire confiance à personne est tempérée par la tendresse d’une romance touchante. Du gore à la comédie romantique en passant par la comédie et le cinéma d’action, Vincent doit mourir jongle avec toute une gamme d’émotions, et c’est pour cela qu’on l’aime.

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