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frappadingue« L’Etoile filante » parvient à faire rire de la tragédie humaine

Attentat, vengeance et hôpitaux en crise… « L’Etoile filante » parvient à faire rire de la tragédie humaine

frappadingueCette fable, qui sort le 31 janvier en salles, mêle le burlesque à l’air du temps pour donner une comédie atypique et réussie
Fiona Gordon dans « L'Etoile filante » de Fiona Gordon et Dominique Abel
Fiona Gordon dans « L'Etoile filante » de Fiona Gordon et Dominique Abel  - Potemkine / 20 Minutes

L'essentiel

  • Le duo Fiona Gordon et Dominique Abel s’essaye au polar farfelu.
  • Il n’a rien perdu de son humour clownesque en se penchant sur une thématique actuelle.
  • Attentat, vengeance, meurtre et hôpitaux en crise y sont traités avec un mélange de légèreté et de gravité exceptionnel.

Mais comment font-ils ? Fiona Gordon et Dominique Abel prêtent vie contre vents et marées à des personnages lunaires dans leur nouveau film L’Etoile filante, qui sort en salles le 31 janvier. Un barman qui vit caché depuis trente-cinq ans après avoir commis un attentat mortel voit soudain débarquer l’une de ses victimes prête à en découdre. Ni une, ni deux, il se fait aider par sa maîtresse et le portier de l’établissement pour récupérer un sosie dépressif qui prend sa place. Ajoutez à cela une détective privée paumée et un chien expressif et vous aurez une idée de l’intrigue volontairement foutraque de ce petit bijou

Attentat, vengeance, mort violente et hôpitaux en crise ne prêtent habituellement pas à la poilade. Ce conte magique fait un pied de nez à la morosité ambiante grâce aux ingrédients que les duettistes Fiona Gordon et Dominique Abel ont peaufinés en cinq films depuis 2008. Plus sombre que leurs œuvres précédentes (L’Iceberg, Rumba, La Fée et Paris pieds nus), cette fable en a conservé la grâce teintée d’humour délicat.

Un polar tragique et absurde

« En traversant la rue du burlesque au polar, nous ne lâchons pas notre envie de faire rire, précise le duo dans le dossier de presse. Notre cinéma reste, malgré le soin que nous apportons à chaque tableau, naïf, clownesque, artisanal. » Dans leur expérience théâtrale, ils ont puisé une troupe soudée. Leurs fidèles complices Bruno Romy, Philippe Martz et la nouvelle venue Kaori Ito se sont mis au diapason ce qui pourrait sembler un délire. Tout est pourtant chorégraphié au millimètre pour une immersion dans un monde ludique que ne désavouerait pas Jaques Tati.

Même les moments les plus tragiques se teintent de folie douce que ce soit une crise cardiaque ou une tentative de meurtre qui s’achève en numéro musical teinté de poésie. Des laissés-pour-compte au physique souvent improbable et aux tenues hors du temps composent des vignettes bariolées qui s’articulent en un patchwork réjouissant. Quand Fiona Gordon, grande bringue dégingandée, se fait littéralement happer par un énorme fauteuil, on rit de bon cœur malgré la tragédie sous-tendue par la scène. La magie s’est teinté de l’air du temps pour L’Etoile filante dont on sort avec l’impression d’avoir dégusté une sucrerie aux saveurs douces-amères, comme un gâteau poudré de sable.

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