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SOCIALLes nouveaux « Misérables » de Ladj Ly sont dans le « Bâtiment 5 »

« Bâtiment 5 » : Les nouveaux « Misérables » de Ladj Ly sont dans cet immeuble promis à la destruction

SOCIALLe réalisateur des « Misérables » signe un deuxième film coup de poing tourné à Montfermeil, sa ville natale
Anta Diaw dans « Bâtiment 5 » de Ladj Ly.
Anta Diaw dans « Bâtiment 5 » de Ladj Ly. - Le Pacte / 20 Minutes
Caroline Vié

Caroline Vié

L'essentiel

  • Un immeuble doit être détruit en vue de la modernisation d’une cité de banlieue parisienne.
  • « Bâtiment 5 » décrit l’affrontement entre la population qui va être expulsée et la mairie.
  • Lady Ly y démontre qu’il n’a rien perdu de son énergie depuis « Les Misérables ».

Ladj Ly sait qu’on l’attend au tournant après Les Misérables, récompensé à Cannes et aux César. Pour Bâtiment 5, son deuxième long métrage comme réalisateur, il revient à Montfermeil, sa ville d’origine, avec un nouvel état des lieux peu réjouissant. « Mon coscénariste Giordano Gederlini et moi parlons de Montfermeil, mais ce que nous décrivons correspond à de nombreuses autres villes, confie-t-il à 20 Minutes. Les choses ne se sont pas améliorées. Elles ont même plutôt empiré, mais il reste de l’espoir. »

Une jeune femme découvre le plan de réaménagement de son quartier qui passe par la destruction du fameux bâtiment 5 du titre, qu’elle va tenter de sauver en s’opposant à la municipalité dirigée par un maire ambitieux incarné par Alexis Manenti, découvert dans Les Misérables. « Notre énergie est positive mais elle vient de la colère, insiste le scénariste Giordano Gederlini qui avait aussi coécrit le précédent film de Ladj Ly. Quand quelqu’un comme lui met en scène, son vécu imprègne l’écran et sa connaissance du terrain aussi. » Le bâtiment 5 est celui dans lequel le réalisateur a autrefois vécu.

Du beau cinéma porté par une actrice brillante

La niaque qui faisait la force des Misérables est toujours là avec des personnages forts comme cette héroïne interprétée par la lumineuse Anta Diaw, découverte dans Le Jeune Imam de Kim Chapiron. « Elle vibre d’humanité, explique Ladj Ly. Elle est émouvante, elle est résistante. Elle est l’incarnation de l’histoire que nous voulions raconter. » Les injustices que subissent les habitants contraints de quitter leur logement offrent de puissants moments de très beau cinéma.

« Il n’y a pas qu’un discours politique dans le film, précise Giordano Gederlini. On veut montrer la vie de gens trop peu représentés dans le cinéma français, mais le film n’a rien de communautariste. Il est, avant tout, du cinéma. » La force du récit vient du côté profondément réaliste d’une œuvre plus ample que Les Misérables, où de vrais habitants de Montfermeil ont accepté de faire de la figuration.

Vrai ou presque

« Tout est vrai, raconte Ladj Ly. La seule chose que nous avons inventée est l’attaque chez le maire. Sur ce coup-là, nous avons devancé l’actualité : ce type d’agression a réellement eu lieu plus tard chez celui de L’Haÿ-les-Roses. » Bâtiment 5 ne cherche à aucun moment à se montrer plaisant ou aimable. Ladj Ly continue à malmener le public pour lui faire prendre conscience d’une réalité douloureuse. Et ce n’est pas fini. Giordano Gederlini et lui pensent déjà à l’écriture de ce qui sera le troisième volet d’une trilogie.

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