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ANIMATION« Flee », le véritable et difficile périple d'un réfugié afghan gay

« Flee » : Le véritable et difficile périple d'un homosexuel afghan réfugié au Danemark

ANIMATIONJonas Poher Rasmussen utilise l'animation pour partager la confession d’un ami réfugié homosexuel afghan dans « Flee » en salle ce mercredi
« Flee » de Jonas Poher Rasmussen
« Flee » de Jonas Poher Rasmussen - Haut et Court / 20 Minutes
Caroline Vié

Caroline Vié

L'essentiel

  • Un réfugié afghan homosexuel évoque les circonstances douloureuses qui l’ont conduit à s’installer au Danemark.
  • « Flee » bouleverse en suivant le parcours de ce garçon courageux qui n’est jamais montré comme une victime.
  • Ce film d’animation cité aux Oscars et récompensé par le Grand Prix du festival d’Annecy est aussi puissant que lumineux.

Une histoire vraie et un grand film ! Flee, Grand Prix au festival d’Annecy, nommé dans trois catégories aux Oscars et récompensé à Sundance, est un documentaire d’animation comme on en voit peu ! Le réalisateur Jonas Poher Rasmussen plonge dans les souvenirs d’Amin, un réfugié afghan homosexuel pour raconter une épopée douloureuse mais nécessaire où le jeune homme se met à nu. On pense à Valse avec Bachir devant l’intensité des émotions que provoque cette confession.

« L’idée de l’animation est venue naturellement, explique le réalisateur à 20 Minutes. Étant un habitué du documentaire radiophonique, j’ai utilisé la même méthode pour aider Amin à se confier sur une période de plusieurs années. Le fait d’être allongé les yeux fermés pour se raconter l’a aidé à se libérer de ses réticences à parler. » Le spectateur en apnée suit le jeune garçon qui débarque seul à 16 ans au Danemark. On découvre son enfance pendant la guerre, un séjour cauchemardesque à Moscou, pour finir sur son épanouissement d’adulte avec son mari danois.

Partage et anonymat

« Amin était soulagé par l’idée que l’animation lui permettait de partager ce qu’il a vécu tout en restant anonyme. C’était capital pour lui de pouvoir parler sans s’exposer au public », insiste Jonas Poher Rasmussen. Le réalisateur a rencontré Amin quand ils étaient tous deux adolescents ce qui explique sans doute en partie le degré d’intimité qui se communique au travers de plans superbes. Des images d’archives apportent une contextualisation bienvenue à l’ensemble.

« J’espère être parvenu à rendre l’urgence que vit ce garçon contraint de fuir et de cacher son passé comme son orientation sexuelle, précise le cinéaste. J’espère aussi être arrivé à le révéler apaisé à la fin d’un film que nous avons tous deux voulu gorgé d’espoir. » Bien qu’il ait vécu des expériences terribles, Amin n’est jamais montré comme une victime. Sa résilience exemplaire a quelque chose de galvanisant. « Il m’a dit que Flee lui avait fait du bien ce qui est le plus beau compliment que je pouvais recevoir », déclare le réalisateur.

Cette œuvre puissante démontre que l’animation peut prendre bien de formes, quitte à se faire totalement oublier tant le propos évoqué est fort. Sans avoir connu les épreuves subies par Amin, on ressent une empathie telle pour ce garçon qu’on croit les avoir partagées au plus profond de notre cœur le temps d’une projection.

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