« Entre la vie et la mort » : Antonio de la Torre impressionne dans un polar noir comme un café serré

VENGEANCE Le comédien espagnol est éblouissant en père cherchant la rédemption dans le thriller « Entre la vie et la mort » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Antonio de la Torre dans «Entre la vie et la mort» de Giordano Gerdilini
Antonio de la Torre dans «Entre la vie et la mort» de Giordano Gerdilini — Le Pacte
  • Un conducteur de métro mène l’enquête sur la mort de son fils.
  • Antonio de la Torre est exceptionnel dans le rôle de cet homme brisé.
  • « Entre la vie et la mort » parle de choix de vie et d’exil avec une sobriété remarquable.

Assez rigolé ! Entre la vie et la mort de Giordano Gerdilini, présenté en ouverture du Festival Reims Polar, est un film noir de chez noir qui ne vire même jamais au gris foncé. Un Espagnol exilé à Bruxelles ( Antonio de la Torre, intense comme rarement) mène l’enquête sur la mort de son fils gangster, espérant trouver une rédemption impossible alors qu’il l’a vu disparaître sous les roues du métro qu’il conduit.

Une inspectrice campée par Marine Vacth et son collègue bourru joué par Olivier Gourmet complètent la distribution d’une œuvre âpre réalisée par le coscénariste des Misérables de Ladj Ly. « Le polar est plus intéressant quand les personnages ne sont pas seulement des stéréotypes de flics et de gangsters » déclare le réalisateur dans le dossier de presse. Ce père au regard halluciné, porteur d’un passé trop lourd pour lui, n’a rien d’un cliché tant son interprète lui apporte de substance. Il suffit d’un regard d’Antonio de la Torre pour que le spectateur se sente transpercé sur son siège. Ses ennemis n’en mènent pas large face à cet homme brisé.

Fort et bien secoué

Bruxelles englobe le héros dans un univers évoquant les polars américains des années 1980 avec leurs décors de bâtiments de briques, de friches et de chantiers dont sourd une atmosphère hostile très propice aux règlements de compte. Le cinéaste se réclame du James Gray de Little Odessa et cela se ressent dans la façon puissante dont il filme un héros exilé qu’il ne ménage pas. Il s’appuie sur la photographie de Christophe Nuyens et la partition de Laurent Garnier pour emporter le public dans un monde impitoyable dont il ressort fort (et bien) secoué.