Festival de Cannes : L'équipe d'un film ukrainien manifeste contre l'invasion de la Russie

EN SILENCE Ce mercredi après-midi, le réalisateur et les acteurs de Butterfly vision ont déroulé une pancarte dénonçant le « génocide » d’Ukrainiens par des Russes

Fabien Binacchi
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Une manifestation statique et silencieuse a été organisée ce mercredi sur les marches du théâtre Debussy, au Palais des festivals de Cannes
Une manifestation statique et silencieuse a été organisée ce mercredi sur les marches du théâtre Debussy, au Palais des festivals de Cannes — AFP

« Les Russes tuent les Ukrainiens. Trouvez-vous ça offensant et perturbant de parler de ce génocide ? » Le message, écrit en lettres capitales sur une grande banderole, a été tenu à bout de bras, pendant plus d’une minute, par l’équipe du film ukrainien Bachennya Metelyka (Butterfly vision en français), présenté ce mercredi après-midi au 75e Festival de Cannes, dans la sélection Un Certain Regard.

Cette manifestation statique et silencieuse contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie a réuni une vingtaine de personnes, dont le réalisateur Maksim Nakonechnyi et ses acteurs, sur les marches du théâtre Debussy où une projection était programmée à 17 h.

Le film Butterfly vision raconte l’histoire de Lilia, ancienne prisonnière de guerre dans la région du Donbas, qui souffre de stress post-traumatique.

« Contenu sensible »

Les participants, habillés pour la plupart en tenue de soirée, se sont recouverts le visage de pancartes translucides affichant le symbole d’un œil barré et le texte « contenu sensible » en anglais, en référence aux publications masquées car identifiées comme sensibles sur le réseau social Instagram.

Jeudi dernier, des représentants du cinéma ukrainien avaient demandé l’exclusion totale des films russes du Festival de Cannes. Le lendemain, une femme, torse nu peint aux couleurs du drapeau ukrainien avec la mention en anglais « arrêtez de nous violer », avait fait irruption sur le tapis rouge du grand auditorium, à l’occasion de la présentation du film Trois mille ans à t’attendre, de George Miller.