Pays-de-la-Loire : Pourquoi la région attire de plus en plus de tournages de fictions

CINEMA Présente au festival de Cannes, la région Pays-de-la-Loire ambitionne de devenir une « terre de cinéma » reconnue. Ça tombe bien, le nombre de tournages accueillis est déjà en hausse

Frédéric Brenon
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Tournage à Saint-Nazaire du longmétrage "Faux Départ de Gallien Guibert.
Tournage à Saint-Nazaire du longmétrage "Faux Départ de Gallien Guibert. — O.Berne / E.Jacobson
  • Les Pays-de-la-Loire accueillent une vingtaine de tournages de fictions par an.
  • La demande de tournages est en augmentation, y compris pour 2023.
  • Au nom de la terre, La famille Bélier, Le Mans 66 ou Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? ont été tournés dans la région, entre autres.

Ce n’est pas la région à laquelle on pense le plus quand on évoque le septième art. Pourtant, les Pays-de-la-Loire ne veulent pas se contenter de jouer de la figuration dans le paysage français des tournages de fictions. « Mon ambition est de faire de notre région une terre de cinéma », revendiquait en début d’année Christelle Morançais, la présidente du conseil régional des Pays-de-la-Loire. Une délégation ligérienne est d’ailleurs présente depuis une semaine au prestigieux Marché du film du festival de Cannes pour vanter « la richesse et les atouts de la destination ligérienne aux productions du monde entier ».

Il faut dire que les Pays-de-la-Loire ne partent pas de zéro, loin de là. Une vingtaine de tournages de longs métrages, courts métrages et fictions télévisées ont été comptabilisés l’an passé dans les cinq départements de la région. Un chiffre en augmentation depuis dix ans et qui devrait continuer de progresser compte tenu de la forte demande, estime le Bureau d’accueil des tournages (BAT), structure chargée d'aider les productions à trouver des décors et prestataires.

Plages, villes, campagnes, châteaux

« Notre principal atout vient de la diversité des décors proposés, affirme Pauline Le Floch, responsable du Bureau d’accueil des tournages. On trouve chez nous du bord de mer, des villes dynamiques, des châteaux, de la campagne, des sites industriels… Tout cela réuni sur un territoire géographique peu étendu et proche de Paris. » Les châteaux du Maine-et-Loire, en particulier ceux équipés de mobilier d’époque, « plaisent beaucoup aux producteurs de films historiques », de même que le centre médiéval du Mans, « très prisé pour y jouer des scènes du Paris du XVIIIe ou XIXe siècle ». Dans un autre style, l’île de Noirmoutier, les marais salants de Guérande et la ville de Nantes attirent également, tout comme Saint-Nazaire pour « son caractère industriel et ses petites plages romantiques ».

Le tournage de Cessez le feu, avec Romain Duris, quartier Saint-Mihiel à Nantes.
Le tournage de Cessez le feu, avec Romain Duris, quartier Saint-Mihiel à Nantes. - J.Urbach/ 20 Minutes

Autre atout des Pays-de-la-Loire : le souhait des producteurs de sortir d’une région Ile-de-France saturée de tournages et de trouver de nouveaux paysages en province. « Certains sites, comme en Paca ou en Occitanie, sont déjà très demandés, c’est moins original et moins facile d’y travailler. Or le temps d’un film est finalement très court », justifie Pauline Le Floch.

Si les Pays-de-la-Loire n’ont pas encore été choisis comme décor principal par l’une des grosses productions américaines, pour lesquelles il y a « beaucoup de concurrence en Europe », ils ont tout de même accueilli plusieurs films remarqués ces dernières années. Citons, par exemple, Au nom de la terre (2019), tourné en Mayenne, J’irai où tu iras (2019) filmé à Nantes, Camille (2019) à Angers, Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu? (2019) à Saumur, Les Vacances du Petit Nicolas (2014) à Noirmoutier, La famille Bélier (2014) en Mayenne, ou encore Le Mans 66 (2019) dont certaines scènes ont été captées au Mans.

Des retombées économiques significatives

En 2021, les tournages de fictions avaient généré un peu plus de 4 millions d'euros de retombées économiques pour la région. Près de 170 techniciens ligériens ont également été recrutés l’an passé par la production cinématographique et plus de 70 rôles secondaires ou principaux ont été distribués.

« Il y a aussi des retombées indirectes en termes d’image lorsqu’un territoire est associé positivement à un film, indique Pauline Le Floch. Des retombées touristiques, parfois, avec une venue de visiteurs après la sortie d’un film, ce qu’on a observé au Mans. Et puis, même si c’est moins visible, il y a la satisfaction culturelle, la fierté des habitants et professionnels de participer à la réalisation d’un film. »

Deux longs-métrages soutenus par la région Pays-de-la-Loire ont été sélectionnés cette année au festival de Cannes : Nos cérémonies de Simon Rieth et Polaris de Ainara Vera.