La famille Le Biniou sera-t-elle la version bretonne de « Bienvenue chez les Ch’tis » ?

BREIZH POWER Auteur de la bande dessinée « Tout est bon dans le breton », l’auteur Fabien Delettres rêve d’adapter son livre au cinéma

Camille Allain
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L'humoriste Fabien Delettres est l'auteur du livre Tout est bon dans le Breton, qu'il rêve d'adapter au cinéma.
L'humoriste Fabien Delettres est l'auteur du livre Tout est bon dans le Breton, qu'il rêve d'adapter au cinéma. — F. Delettres
  • La bande dessinée « Tout est bon dans le Breton » vient de paraître et pourrait faire un carton.
  • Le premier ouvrage imaginé par l’humoriste Fabien Delettres avait connu un succès inattendu l’an dernier.
  • Le Breton espère profiter de son beau réseau dans la télévision et les médias pour attirer un producteur et voir l’histoire de sa BD être adaptée au cinéma.

Il fait dans le gros cliché mais il l’assume. La météo pourrie, l’alcool facile et la haine anti Parisiens… Quand il parle de sa Bretagne qu’il aime tant, Fabien Delettres ne peut pas s’empêcher de l’égratigner. Il l’avait déjà fait l’an dernier en publiant le livre illustré Tout est bon dans le Breton qui s’est vendu à près de 25.000 exemplaires. Fort de ce succès inattendu, l’humoriste a eu le feu vert de son éditeur pour remettre le couvert et publier un deuxième ouvrage, sous forme de bande dessinée cette fois-ci.

Dans Tout est bon dans le Breton – Bienvenue chez nous, le lecteur fait la rencontre de la famille Le Biniou (on vous avait prévenus pour les clichés) et découvre la douceur de vivre du village de Plouzinec. « J’assume ce côté populaire parce qu’il est réel. La mère par exemple, elle est un peu clichée, mais elle existe partout. Je l’ai bien connue puisque c’est ma maman ! », glisse Fabien Delettres.

« Ça fait longtemps que j’ai l’envie d’en faire un film »

Celle qu’il a surnommée Martine travaille à l’office du tourisme de Plouzinec et a la particularité de posséder un vocabulaire très développé pour parler de la pluie : un grain, un crachin, une bruine, une ondée… Son mari Pierrick est quant à lui très porté sur la bouteille et s’occupe de la maison secondaire du voisin parisien. Si vous ne connaissez pas encore ce moustachu un peu bedonnant crayonné par le dessinateur belge Alteau, il se pourrait que vous le retrouviez prochainement sur les écrans.

« Ça fait longtemps que j’ai l’envie d’en faire un film mais j’ai bien compris que ce serait compliqué donc j’ai d’abord opté pour la BD. Ce premier tome, c’est comme un fil conducteur des aventures de cette famille bretonne. Le succès du premier livre va m’aider », explique celui qui a écrit pour Jean-Marie Bigard, Camille Combal, Cyril Hanouna ou encore Jean-Pierre Foucault.

Extrait de la bande dessinée Tout est bon dans le Breton, imaginée par Fabien Delettres.
Extrait de la bande dessinée Tout est bon dans le Breton, imaginée par Fabien Delettres. - Casa Editions

« La Bretagne bénéficie d’un rayonnement incroyable au niveau national »

A force de crier sa volonté d’adapter sa famille au ciné, Fabien Delettres a fini par se faire repérer. Le natif des Côtes d’Armor, qui vit la moitié de la semaine dans le Morbihan, est déjà courtisé par quelques producteurs. Et il se pourrait bien qu’un remake breton de Bienvenue chez les Ch’tis soit bientôt en préparation. « Oui, on peut faire le parallèle avec le Nord. On l’a vu avec le film Permis de construire sur la Corse l’an dernier, le côté régionaliste marche bien ».

Sa Bretagne a pour elle une formidable renommée et une bonne dose de clichés que l’on sait propices à une comédie à la française. Surtout, elle profite d’une belle cote de sympathie incarnée par l’omniprésence de son drapeau noir et blanc. « La Bretagne bénéficie d’un rayonnement incroyable au niveau national et même international. Il y a ici une fierté. Parce que les Bretons savent qu’ils habitent au paradis. Et ils aiment le dire », assure Fabien Delettres.

Alors que les ventes de ce premier tome sont déjà bien lancées depuis sa sortie il y a dix jours, l’auteur prépare déjà un deuxième numéro. Le patron de sa maison d’édition suit ça avec attention et pourrait bien être un « facilitateur » pour l’adaptation au cinéma. Directeur de Casa Editions, Jean-Baptiste Gilou n’est autre que le frère de Thomas Gilou, réalisateur des trois volets de La Vérité si je mens.

Dans quelques mois ou années, Serge Benamou et Patrick Abitbol pourraient bien être remplacés par des personnages plus à l’Ouest. Fabien Delettres a peut-être déjà trouvé leurs noms : Maria Carhaix, Justin Biebeurre demi-sel et Lady Gagalette saucisse.