« Notre-Dame brûle » : « Tout ce qui semble faux est vrai », affirme Jean-Jacques Annaud

INTERVIEW Pour « 20 Minutes », Jean-Jacques Annaud évoque son travail en détail sur le spectaculaire « Notre-Dame brûle » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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«Notre-Dame brûle» de Jean-Jacques Annaud
«Notre-Dame brûle» de Jean-Jacques Annaud — Mickael Lefevre ? BSPP/Pathé
  • Jean-Jacques Annaud livre une reconstitution passionnante de l’incendie qui a ravagé la cathédrale parisienne le 15 avril 2019.
  • Il s’est attaché à rester le plus exact possible pour décrire le déroulement des événements.
  • Le tournage de « Notre-Dame brûle » a renforcé son admiration pour les soldats du feu.

Notre-Dame brûle​ et Jean-Jacques Annaud plonge le spectateur dans l’ incendie de la  cathédrale parisienne, survenu le 15 avril 2019. Le résultat : du pur cinéma qui puise son inspiration dans la réalité de l’événement. Et beaucoup de ses images aussi puisque le cinéaste a fait appel à de nombreux témoins pour raconter une histoire qui colle au plus près de la réalité, comme il l’explique à 20 Minutes.

Comment avez-vous abordé le sujet ?

Je me suis accroché à une structure de thriller dont la cathédrale serait l’héroïne. Notre-Dame est une princesse qui attend des secours et le feu est un méchant parfait à la fois charismatique et dangereux, chaleureux et destructeur. Ces éléments étaient idéaux pour bâtir mon intrigue avec du suspense, des sentiments et de l’action.

Ce n’était pas un souci qu’on connaisse la fin de l’histoire ?

Le « non-alignement » absolu des planètes qui a présidé au déroulement de la catastrophe a quelque chose de fascinant même si on sait comme cela va se terminer. Je n’aurais pas eu envie de faire le film s’il n’y avait pas eu ces absurdités qui semblent impossibles. Dans Notre-Dame brûle, la vérité est invraisemblable. Ce qui semble faux est vrai.

Vous n’avez pas exagéré ?

Je n’en ai pas eu besoin tant tout ce qu’on me racontait était fou ! Au départ, j’ai même cru que les témoins et les journalistes enjolivaient les choses puis j’ai dû me rendre à l’évidence. Tout cela est arrivé et même les athées peuvent admettre que cela tient du miracle qu’on ait eu fin aussi heureuse ! Les pompiers étaient prêts à voir la cathédrale s’effondrer et craignaient que l’île de la Cité parte en fumée.

Etait-il difficile d’arriver à un tel réalisme ?

Le film entremêle différents éléments pour parvenir à ce résultat. Nous avons tourné certaines scènes dans les cathédrales de Sens, Amiens et Bourges. Puis nous avons reproduit des éléments de Notre-Dame en studio pour les séquences de combats contre le feu et certains effets ont été ajoutés en postproduction. J’ai aussi, bien sûr, eu recours à des images d’archives.

Comment avez-vous mêlé ces images réelles à la reconstitution ?

Il y a dans le film environ 9 % d’images provenant de télévisions, du ministère de l'Intérieur ou d’anonymes qui ont assisté à l’incendie. J’ai reçu vingt-cinq mille vidéos d’amateurs qui ont été triées par une équipe spéciale supervisée par mon monteur Reynald Bertrand. J’en ai vu à peu près une heure et c’est seulement après avoir fini le montage que je les ai ajoutées J’ai été surpris de voir à quel point elles se recoupaient avec mes propres plans.

Que vous a appris ce film ?

Il a renforcé mon admiration pour les pompiers. J’ai été épaté par leur présence d’esprit et leur solidarité. Certains venaient assister aux scènes qu’ils ont vécues et me donnaient des conseils pour corriger des détails. C’était incroyable.

Comment voyez-vous l’avenir de Notre-Dame ?

Cela pourrait sans doute donner un autre film mais pas celui-ci. Tout est dans le titre : Notre-Dame brûle ne parle que de l’incendie et s’arrête quand il est éteint.