« Alerte rouge » : Pourquoi l'héroïne du nouveau Pixar se transforme en panda roux

DISNEY+ « Alerte rouge », disponible ce vendredi sur Disney+, puise dans l'adolescence de la réalisatrice canadienne d'origine chinoise Domee Shi

Caroline Vié
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«Alerte rouge» de Domee Shi
«Alerte rouge» de Domee Shi — Disney+ France/Pixar
  • Dès que ses émotions la submergent, Meilin, 13 ans, se transforme en panda roux.
  • « Alerte rouge », issu des studios Pixar, montre comme l'adolescente va dompter cet animal craquant mais encombrant.
  • Domee Shi a puisé dans ses souvenirs d’adolescence pour réaliser cette chronique familiale animée.

La puberté n’est une période facile pour personne mais Meilin, l’héroïne d’Alerte rouge de Domee Shi, pousse le bouchon vraiment très loin. Dès que ses émotions prennent le pas sur elle, l’adolescente se transforme en panda géant dans cette comédie animée venue des studios Pixar et disponible dès vendredi sur Disney+. Elle va exploiter son apparence nouvelle avec une grande ingéniosité, mais saura-t-elle contrôler l’animal ?

La réalisatrice du court-métrage Bao, découvert au Festival d'Annecy et présenté avant Les Indestructibles 2 en 2018, plonge de nouveau dans ses jeunes années de Canadiennes d’origine chinoise pour son premier long-métrage. Domee Shi décrit la panique d’une ado coincée entre une mère envahissante et son désir d’exister par et pour elle-même. « Le panda roux, ce sont toutes les pulsions qui vous submergent quand vous avez 13 ans, confie-t-elle à 20 Minutes. On devient écarlate et on ne sait plus quoi faire de son corps encombrant. Tout le monde est un panda en sommeil à cet âge-là ! » On a bien envie de serrer l’adorable bestiole dans ses bras, mais il faut reconnaître qu’elle prend beaucoup de place.

Dompter son panda (ou pas)

« Je ressemblais à Meilin quand j’avais 13 ans : une gamine qui se sentait contrainte de cacher sa fantaisie à sa mère et qui était très différente quand elle était avec ses copines », se souvient Domee Shi. Les amies de l’héroïne, très bien croquées, sont inspirées de celles de la réalisatrice. Sa maman aussi. « Meilin a appris à dompter son panda intérieur, à s’assagir en vieillissant », s’amuse Domee Shi dont la mère est, dit-elle, « heureuse que je lui ai résisté pour devenir cinéaste au lieu d’embrasser une carrière qu’elle aurait jugée plus respectable. Chaque génération se révèle plus libre que la précédente ».

Ses personnages féminins sont aussi réjouissants que le « boys band » sur lequel craquent les jeunes filles au point d’être prêtes à tout pour aller le voir en concert. Domee Shi a vraiment un talent fou qui cache juste une petite pointe d’angoisse. « Malgré tout, je n’ai pas encore montré Alerte rouge à ma mère, avoue-t-elle et j’appréhende un peu sa réaction. » Si cette dernière est aussi autoritaire que celle du film, on comprend son inquiétude, mais si elle est aussi aimante que cette femme forte, la cinéaste n’a rien à craindre tant le film est vibrant de tendresse pour sa maman.