« The Batman » : Comment Robert Pattinson traduit le désespoir du superhéros sous son masque

PERFORMANCE Le réalisateur Matt Reeves confie à « 20 Minutes » avoir été bluffé par Robert Pattinson, qui surprend par la noirceur de son interprétation dans « The Batman » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Robert Pattinson dans «The Batman» de Matt Reeves
Robert Pattinson dans «The Batman» de Matt Reeves — Warner Bros
  • Le justicier masqué est confronté à un méchant qui décime les notables corrompus de Gotham.
  • Robert Pattinson surprend par la noirceur de son interprétation dans « The Batman ».
  • Il est étonnant face à Zoë Kravitz dans ce néopolar qui renouvelle la franchise.

Jamais le justicier masqué de Gotham n’aura été aussi sombre que dans The Batman de Matt Reeves . Robert Pattinson ferait presque passer l’incarnation de Christian Bale chez Christopher Nolan pour celle d’un aimable dilettante. L’ex star de la saga Twilight noircit le héros DC comme l’avait fait Joaquin Phoenix pour Joker de Todd Phillips.

« J’ai été époustouflé par l’intensité de la performance de Robert Pattinson, confie Matt Reeves à 20 Minutes. J’avais déjà été bluffé par ses prestations chez David Cronenberg ou Claire Denis, mais surtout dans Good Time des frères Safdie où il parvenait à un mélange incroyable de violence et vulnérabilité. Il a été encore plus loin dans mon film. » Plus humain que jamais, le héros doit affronter un terroriste qui s’attaque aux notables corrompus de la cité dans un suspense plus proche de néopolars comme Seven de David Fincher que des précédents opus de ses aventures. De quoi renouveler la franchise.

Sous la cagoule

« Les personnages du film sont réalistes, insiste Matt Reeves. C’était un point important pour moi que de révéler leurs failles. Tous doivent affronter leurs démons. » Paul Dano, Andy Serkis et  Colin Farrell complètent une distribution de grande qualité dans laquelle Zoë Kravitz impressionne particulièrement en Catwoman. Batman, lui-même, est plus torturé que jamais quand il doit affronter un passé familial surprenant et douloureux. « Ce n’était pas facile pour Robert Pattinson de faire passer tous ces sentiments complexes sous la cagoule, se souvient Matt Reeves. On ne voit que ses yeux et sa bouche mais il parvient à communiquer le désespoir de son personnage accroc à son rôle de justicier. Il avait toujours peur d’en faire trop mais je le poussais à fond pour que le spectateur puisse partager son malaise. »

Le comédien a aussi souffert physiquement sous son costume fort contraignant qui rendait le moindre mouvement pénible. « Même quand il devait faire des choses aussi simples que de s’agenouiller pour fouiller la boîte à gants d’une voiture, il en bavait, raconte Matt Reeves. Etre Batman est une façon bien malcommode de combattre le crime. » Mais Robert Pattinson semble avoir pris goût à cet inconfort. « Il se consolait chaque fois qu’il croisait sa silhouette costumée dans un miroir, affirme Matt Reeves. Il m’a dit avoir pris du plaisir à jouer Batman. » Au point de revenir pour une suite que la fin de The Batman laisse espérer ? L’avenir et le box-office nous le diront.