« Moonfall » : La Lune, source de tous les fantasmes au cinéma

FACE CACHEE Si la Lune menace de s’écraser sur Terre dans « Moonfall », en salle depuis mercredi, elle peut aussi accueillir des extraterrestres, du fromage, mais surtout pas Neil Armstrong

Vincent Jule
Moonfall
Moonfall — Metropolitan FilmExport
  • Moonfall est le nouveau film catastrophe de Roland Emmerich, où la Lune se dirige dangereusement de la Terre et se révèle plus mystérieuse que prévu.
  • La Lune est depuis toujours une source d’inspiration et de fantasmes pour le cinéma, que l’homme n’y ai jamais posé le pied ou qu’elle cache des aliens ou des nazis.
  • En fait, la Lune est faite de fromage, c’est Wallace & Gromit qui le disent.

Ce n’est pas la première fois que Roland Emmerich veut détruire la Terre sur grand écran, que ce soit avec des extraterrestres (Independence Day), un monstre géant (Godzilla), un gros coup de froid (Le Jour d’après), ou tout simplement la fin du monde (2012). Dans  Moonfall, en salle depuis mercredi, le réalisateur allemand sort la  Lune hors de son orbite et la précipite vers la Terre. Attention les dégâts ?

Mais le film n’est pas seulement catastrophe, il interroge la nature même de la Lune, qui ne serait pas ce que nous croyons. Mystère, déjà bien éventé dans les bandes-annonces, et surtout, confirmation que la Lune est une source inépuisable d’inspiration et de fantasmes pour la fiction, que ce soit en littérature (Edgar Allan Poe, Jules Verne, H.G. Wells, Arthur C. Clarke, Hergé…) ou au cinéma. Décollage immédiat.

La Lune va vous tomber sur la tête

Une météorite à la Armageddon ou Deep Impact, c’est bien. La Lune, c’est mieux et plus gros. Moonfall n’est pas le premier à faire se rapprocher dangereusement le satellite naturel de la Terre. C’était le pitch de la mini-série canadienne Impact en 2003, où un astéroïde percute la Lune et change son orbite, mais également le projet machiavélique et mégalomaniaque de l’Empereur Ming dans le film Flash Gordon ou de Skull Kid dans le jeu The Legend of Zelda : Majora’s Mask. Le super-méchant mais pas trop Gru, lui, voulait tout simplement décrocher et voler la Lune dans  Moi, moche et méchant.

L’homme n’a jamais posé le pied sur la Lune

« Un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité. » Voilà la célèbre phrase prononcée par Neil Armstrong lorsqu’il a posé le pied sur la Lune le 21 juillet 1969. Enfin, sur la Lune ou dans un studio hollywoodien. C’est peut-être la légende urbaine et  conspiration la plus connue sur la Lune. La mission Apollo 11 ne serait jamais allée sur la Lune, il s’agirait d’un faux alunissage, d’une mise en scène, organisée par la CIA et tournée par un certain Stanley Kubrick en pleine guerre froide et course à l’espace avec l’URSS. Plusieurs films s’amusent de ces théories, à commencer par le documenteur Opération Lune de William Karel, mais également le found footage Opération Avalanche, où deux agents de la CIA infiltrent la NASA,  la comédie Moonwalkers avec son faux Kubrick, ou Capricorn One sur une fausse mission to… Mars.

La face cachée de la Lune

Un hémisphère de la Lune est toujours invisible pour nous Terriens. De fait, ce « côté obscur » abrite non pas des cratères et des cailloux, mais des bases secrètes et autres extraterrestres. Forcément. Dès le IIe siècle, Lucien de Samosate imaginait dans Histoires vraies que la Lune était habitée par une race extraterrestre, les Sélénites. Georges Méliès les met en scène au cinéma en 1902 dans l’incontournable Voyage dans la Lune. Fritz Lang explore lui aussi la face cachée de la Lune dans le film muet de 1929, La femme de la Lune, un des premiers films de SF dits « sérieux ». Il aurait d’ailleurs pu tomber sur un  Transformers laissé là, les cyborgs de Moontrap, les nazis d’Iron Sky, ou le monolithe de 2001, l'Odyssée de l'espace.

La Lune est faite de fromage

Rigolez pas. Ou pas trop. Prenant source dans les récits anciens, de la fable Le Loup et le renard de La Fontaine aux proverbes de John Heywood, le mythe de la Lune faite de fromage a été entretenu au fil des siècles et des oeuvres, jusqu’à ce que la NASA en fasse  son poisson d'avril de 2002. Si vous ne nous croyez toujours pas, regardez le documentaire Une grande excursion de Wallace & Gromit. Et n’oubliez pas les crackers.