Festival de Gérardmer : Le palmarès de Julie Gayet place les femmes et les enfants au premier plan

FESTIVAL Gamins et héroïnes ont marqué  la 29e édition du Festival du fiilm fantastique  de Gérardmer au jury présidé par Julie Gayet.

Envoyée spéciale à Gérardmer, Caroline Vié
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«Ego» d'Hanna Bergholm
«Ego» d'Hanna Bergholm — The Jokers
  • Julie Gayet et son jury ont donné leur Grand Prix au film finlandais « Ego » sur une adolescente qui découvre un œuf étrange.
  • « The Innocents », conte norvégien sur quatre gamins aux pouvoirs paranormaux a aussi été distingué.
  • « The Sadness », film de zombies taïwanais, a aussi constitué un gros choc.

Le cinéma d’horreur peut-il être féministe ? La réponse a été un grand oui au Festival du Film Fantastique de Gérardmer. Le jury présidé par  Julie Gayet a suivi la tendance en donnant son grand prix à  Ego d’Hanna Belghorm qui sortira en DVD, BLU-Ray et VOD le 27 avril. Une adolescente oppressée par une mère autoritaire y découvre un œuf étrange qui donne naissance à une créature pas vraiment sympa.

« C’est l’histoire d’une gamine qui refuse la perfection qu’on lui impose », confie la cinéaste à 20 Minutes. La bestiole, mi-oiseau mi-ado, a des arguments convaincants pour calmer la maman trop perfectionniste. Une pointe d’humour bienvenu achève de faire adhérer le spectateur à cette fable, premier long-métrage d’une réalisatrice finlandaise également plébiscitée par les jeunes de la région Grand-Est.

Deux autres histoires de femmes à l’honneur

Le « grand » jury a également couronné deux autres histoires de femmes. Samhain, premier film de Kate Dolan, offre une variation fascinante sur la maladie mentale, la sorcellerie et les rapports entre une mère et sa fille. Ce conte puise dans les légendes irlandaises pour célébrer la féminité et ses pouvoirs. Quant à Abuela de   Paco Plaza, revenu à Gérardmer quatorze ans après REC, cette histoire horrifique confronte une jeune mannequin à sa grand-mère dont l’apparente sénilité cache un redoutable secret. « Le fantastique est bon moyen pour évoquer un sujet aussi douloureux que la maladie d’Alzheimer », explique le réalisateur à 20 Minutes.

Notre coup de cœur, The Innocents d’Eskil Vogt, déjà remarqué à Cannes et à  L'Etrange festival, a séduit la Critique et le public qui l’ont récompensé. Quatre gamins aux pouvoirs paranormaux s’y affrontent dans une barre d’immeubles norvégienne. Cette œuvre violente et très dérangeante, deuxième film du scénariste de  Joachim Trier, sortira en salle le 9 février. Elle envoûte en plongeant dans les mystères de l’enfance et leur cruauté.

Pas de prix pour The Sadness, qui a tout de même marqué les esprits

Bien qu’il n’ait été distingué par aucun jury, les spectateurs garderont sans doute un souvenir impérissable de The Sadness de Robert Jabbaz. Ce film de zombies taïwanais incroyablement transgressif a été le choc du festival avec ces morts-vivants obsédés par le sexe et le sang.

Le Festival de Gérardmer a prouvé qu’il était idéal pour prendre le pouls de la production fantastique internationale. Il a pulsé avec une telle vitalité qu’on se demande ce que les organisateurs pourront imaginer pour célébrer, l’an prochain, les trente ans de la manifestation.