Obsèques de Gaspard Ulliel : A ses funérailles, la foule pleure un « sublime acteur » parti trop tôt

REPORTAGE Une cérémonie en hommage à Gaspard Ulliel s’est tenue à l’église Saint-Eustache, à Paris, ce jeudi matin

Guillaume Novello
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Une foule d'inconnus ont voulu rendre un dernier hommage aux abords de l'église Saint-Eustache, jeudi 27 février.
Une foule d'inconnus ont voulu rendre un dernier hommage aux abords de l'église Saint-Eustache, jeudi 27 février. — G. Novello
  • Une foule d’inconnus s’est pressée ce jeudi matin aux abords de l’église Saint-Eustache à Paris pour un ultime hommage à Gaspard Ulliel, mort d’un accident de ski à 37 ans.
  • « Je suis toujours sous le choc et je voulais être présente pour Gaspard Ulliel », explique ainsi Sylviane qui a fait le déplacement depuis Le Plessis-Robinson.
  • Sophie, quant à elle, garde le souvenir du « plus bel acteur français ».

Le ciel est d’un gris uniforme et le froid pénétrant en cette fin de matinée de janvier. Et pourtant ils sont nombreux à se masser aux abords de l’église Saint-Eustache (1er arrondissement) où est organisée ce jeudi à 11 heures une bénédiction en l’honneur de Gaspard Ulliel, mort à 37 ans dans une collision avec un autre skieur, le 19 janvier. A l’intérieur un millier d’invités sont attendus tandis qu’à l’extérieur, environ 200 personnes, selon l’AFP et 270 selon nos propres estimations, viennent  rendre un dernier hommage à l'acteur​. Ou tout simplement bosser, vu le nombre de journalistes présents.

Chacun y va de son commentaire, parfois fin et pertinent comme celui de ce photographe à béret lors de l’arrivée de Catherine Deneuve : « Oh putain, elle a pris cher ! » Soudain, une vague d’excitation parcourt la foule. « Ils vont sortir le cercueil [du corbillard] », annonce une femme au manteau violet. Une prédiction qui, sans surprise, s’avérera un peu plus tard.

« Ce n’est pas juste de partir aussi jeune »

Juste derrière la barrière, Sylviane veille à ne pas perdre une miette de la cérémonie, même s’il ne se passe plus grand-chose une fois le cercueil dans l’église. « Je suis toujours sous le choc et je voulais être présente pour Gaspard Ulliel, explique émue cette habitante du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine). Ce n’est pas juste de partir aussi jeune, j’ai un fils du même âge et pour les parents ça doit être terrible. » Pour elle qui a vu beaucoup de ses films, ce « sublime acteur » était « dans la lignée d’Alain Delon ». Alors quand le service d’ordre commence à distribuer les livrets de messe, elle est aux premières loges. C’est d’ailleurs elle qui fournira son exemplaire à 20 Minutes. Il faut dire que Sylviane n’est pas une novice. Elle a assisté aux funérailles de Jean-Pierre Mocky qu’elle « adorait » et à celle de  Johnny Hallyday, son « chanteur préféré ».

Le livret de messe, gracieusement offert par Sylviane.
Le livret de messe, gracieusement offert par Sylviane. - G. Novello

C’est bien parce qu’elle regrettait de ne pas être allée à La Madeleine rendre un dernier hommage à Johnny, que Sophie, retraitée, a fait le déplacement. « Je suis venue pour faire acte de présence, confie-t-elle. Et puis c’est le plus bel acteur français. Il avait l’air très sympa, très humain. » Un seul regret : « j’aurais aimé qu’il tourne davantage, on ne l’a pas vu assez au cinéma. » Et Sophie a une théorie sur le choix de Saint-Eustache : « c’est sans doute parce que c’est plus jeune, plus branché que La Madeleine. » En fait, Gaspard Ulliel a vécu son enfance dans le quartier et a été baptisé à Saint-Eustache, mais à 20 Minutes, on valide la théorie de Sophie.

Près des barrières, nouvelle distribution de livrets de messe. Sylviane tend les bras. Le type de l’organisation n’est pas dupe : « C’est la quatrième fois que j’en donne ici ! » Plus loin, un jeune homme en mal d’attention se décide à lire à voix haute le fameux livret. Les journalistes de CNews accourent tandis que Vincent Lindon arrive en retard.

On refoule même la famille

Julia, qui travaille et habite dans le quartier, souhaitait marquer le coup sur son chemin. « J’étais figurante sur un de ses films, La Princesse de Montpensier, avec robe d’époque et tout le reste », raconte-t-elle. Pas dans la « fana mania », elle veut juste se remémorer un « souvenir de cinéma ». En parlant de cinéma, un homme à la boucle d’oreille scrute la scène avec attention. « Je suis le père de l’acteur Johan Libéreau, explique-t-il, pas peu fier. Il a joué avec Gaspard Ulliel dans Un peuple et son roi. D’ailleurs ils devaient se revoir prochainement. Ça a été très dur pour lui. » Son fils étant à l’intérieur de l’église, il a bien tenté de le rejoindre mais il n’avait pas le mot de passe pour franchir le contrôle de sécurité. Soudain, un jeune homme longe l’église jusqu’à l’entrée visiblement en retard. « Oh merde ! Mais c’est mon fils ! »

Vers midi, les premiers invités commencent à sortir de Saint-Eustache pour un dernier hommage public à Gaspard Ulliel. Le service d’ordre intime au public de « laisser la presse travailler ». Mais une jeune femme à queue-de-cheval ne s’en laisse pas conter et rétorque : « On n’a pas de caméras mais on est aussi là pour rendre hommage ! » Le cercueil fait son apparition rue Rambuteau tandis que des applaudissements respectueux montent de la foule assemblée. Puis direction le cimetière du Père-Lachaise. C’était triste, mais c’était beau.