« Les Promesses » : Isabelle Huppert et Reda Kateb tiennent les leurs, le film aussi

POLITIQUE FICTION Une maire du 93 et son bras droit sont au cœur de tractations politiques autour d’une cité délabrée dans « Les Promesses » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Isabelle Huppert et Reda Kateb dans «Les Promesses» de Thomas Kruithof
Isabelle Huppert et Reda Kateb dans «Les Promesses» de Thomas Kruithof — Wild Bunch Distribution
  • Isabelle Huppert et Reda Kateb forment un duo de choc dans « Les Promesses ».
  • Ces deux politiciens veulent faire débloquer des fonds pour restaurer un quartier insalubre.
  • Il va leur falloir effectuer des choix difficiles tant du point de vue personnel que politique.

Elles n’engagent que ceux qui les croient, dit un vieil adage. Les Promesses de  Thomas Kruithof l’illustrent bien en suivant  Isabelle Huppert, maire d’une ville de la banlieue parisienne et son bras droit joué par Reda Kateb. Alors qu’elle termine son mandat avant de passer la main, elle veut respecter son engagement de faire réhabiliter un quartier en ruines et punir les marchands de sommeil qui l’infestent.

Le réalisateur de La Mécanique de l’ombre (2016) plonge tête la première dans un panier de crabes d’un beau gabarit ! Après les écoutes téléphoniques et les services secrets, ce sont maintenant les tractations politiques qui lui permettent de bâtir un jeu de massacre en collaboration avec Jean-Baptiste Delafon, co-créateur de la série Baron Noir.

Une monnaie qui peut coûter cher

« La promesse, c’est l’unité monétaire en politique, explique Thomas Kruithof dans le dossier de presse. C’est ce que les personnages échangent tout au long du film. Mais ce sont aussi les promesses que l’on se fait à soi-même, la ligne de conduite qu’on se promet de suivre. » Les discussions, marchandage, chantage et autres petits arrangements sont menés tambour-battant tenant le spectateur sur le bord de son siège en adoptant des points de vue originaux.

On a notamment un faible pour le personnage de Reda Kateb, juste comme toujours, qui a grandi dans la cité délabrée et n’hésite pas à user de ses anciennes relations pour faire avancer sa carrière. Les Promesses évite le manichéisme du « tous pourris » pour croquer des personnages complexes souvent contraints de choisir entre leurs idéaux et ambitions. Il arrive que, sur un malentendu, les administrés soient gagnants. Les spectateurs le seront à coup sûr après avoir vu ce film palpitant.