« Une jeune fille qui va bien »: Sandrine Kiberlain bouleverse en passant derrière la caméra

VOCATION L’actrice passe derrière la caméra pour raconter l'histoire d’une apprentie comédienne juive en 1942 dans « Une jeune fille qui va bien » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Rebecca Marder dans «Une jeune fille qui va bien» de Sandrine Kiberlain
Rebecca Marder dans «Une jeune fille qui va bien» de Sandrine Kiberlain — Jérôme Prébois/Curiosa Films
  • « Une jeune fille qui va bien » offre un rôle magnifique à Rebecca Marder.
  • Pour son premier long-métrage comme réalisatrice, Sandrine Kiberlain décrit la vie d’une jeune femme juive de 19 ans qui veut devenir actrice en 1942.
  • Par petites touches pudiques, elle fait partager les joies et les peines d’une héroïne vibrante.

Elle est pleine de vie Rebecca Marder dans Une jeune fille qui va bien de  Sandrine Kiberlain, découvert à la   Semaine de la Critique du dernier Festival Cannes. Rebecca Marder incarne Irène, qui a 19 ans et qui veut devenir comédienne. Mais elle est juive et on est en 1942.

« Si le contexte historique a bien évidemment son importance, j’ai surtout eu envie de monter l’excitation qu’on éprouve quand on commence sa carrière. Je me sens très proche de mon héroïne » déclare Sandrine Kiberlain à 20 Minutes. La cinéaste n’insiste pas sur la reconstitution historique. Elle centre son histoire sur cette fille lumineuse qui essaye « d’aller bien » alors que la menace, terrible, se rapproche de plus en plus d’elle et de sa famille.

Elle ne sait pas ce qui l’attend

« Je ne dirais pas qu’elle est égoïste, précise Rebecca Marder. Elle vit dans le déni mais pas tout à fait car ses évanouissements réguliers démontrent qu’elle n’est pas dupe. Elle sait au plus profond d’elle-même que le bonheur ne va pas durer. » Et pourtant, cette force de la nature parvient à rire, à étudier ce qui poigne profondément un spectateur qui, contrairement à elle, sait ce qui l’attend. Sandrine Kiberlain n’appuie jamais le trait aimant mieux suggérer que montrer. « Elle m’a demandé de faire d’Irène quelqu’un de léger dans la tourmente », insiste Rebecca Marder.

Le poids qui écrase progressivement la « jeune fille qui va bien » tombe aussi sur le public. Quand Irène cherche la définition du mot « peur » dans le dictionnaire, le cœur du spectateur se brise en mille morceaux. Cette scène emblématique du film résume l’intelligence et la pudeur de Sandrine Kiberlain aussi touchante derrière la caméra qu'elle a pu l'être devant.