« Les Leçons persanes »: Nahuel Pérez Biscayart sera-t-il sauvé par sa maîtrise des langues?

SURVIE Le comédien révélé dans « 120 Battements par minute » est vibrant de naturel en déporté juif qui invente un dangereux mensonge pour survivre dans « Les Leçons persanes » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Nahuel Pérez Biscayart dans «Les Leçons persanes» de Vadim Perelman
Nahuel Pérez Biscayart dans «Les Leçons persanes» de Vadim Perelman — KMBO
  • « Les Leçons persanes » raconte la lutte d’un déporté juif qui se fait passer pour persan.
  • Il invente de toutes pièces une langue pour donner des cours à un officier SS qui souhaite s'installer à Téhéran après la guerre.
  • Nahuel Pérez Biscayart, Césarisé pour le film « 120 Battements par minute », est bouleversant en faux Persan tentant de sauver sa peau.

On n’avait plus de nouvelles de Nahuel Pérez Biscayart depuis ses apparitions en militant d’Act Up dans120 battements par minutes de Robin Campillo et en gueule cassée dans Au revoir là-haut d’Albert Dupontel en 2017. Quel bonheur de le retrouver cinq ans plus tard dans Les lettres persanes de Vadim Perelman.

L’acteur argentin incarne un déporté juif qui se fait passer pour persan afin d’échapper à la mort en 1942. C’est alors qu’il tombe sur un officier SS qui veut apprend le farsi, langue parlée notamment en Iran, afin d’ouvrir un restaurant à Téhéran après la guerre. Le jeune homme va devoir inventer de toutes pièces une langue imaginaire s’il veut satisfaire la soif de culture linguistique d’un homme qui a tout pouvoir sur lui.

Une prestation toute en finesse

Nahuel, dont la langue maternelle, en tant qu’Argentin, est l’espagnol « a été incroyable dans sa manière de s’approprier la langue et sa prononciation sont absolument incomparables, souligne le réalisateur Vadim Perelman dans le dossier de presse. Il parle très bien allemand, mes amis et collègues allemands étaient vraiment impressionnés. » Le naturel du comédien face à un bourreau lettré mais brutal ( Lars Eidinger qui fait très peur) maintient le spectateur en haleine malgré quelques baisses de rythme.

Une sensibilité à fleur de peau

On reconnaît dans Les Leçons persanes la sensibilité à fleur de peau de Nahuel Pérez Biscayart. Il emporte le spectateur dans un environnement atroce et le fait trembler pour un personnage qui s’enferre dans un dangereux mensonge. Ses yeux communiquent une telle angoisse que le cœur du spectateur bat la chamade comme s’il ressentait une partie de son calvaire. Nahuel Pérez Biscayart avait obtenu le César du meilleur espoir masculin en 2018 pour 120 battements par minute. Il tient toutes ses promesses dans Les Leçons persanes.