« Spencer » : Pourquoi Kristen Stewart en Lady Diana va surprendre les fans de « The Crown »

PRIME VIDEO Plongez dans la tête de la Princesse de Galles incarnée par Kristen Stewart dans « Spencer » disponible dès lundi sur Prime Video

Caroline Vié
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Kristen Stewart dans «Spencer» de Pablo Larrain
Kristen Stewart dans «Spencer» de Pablo Larrain — Amazon Prime
  • Dans « Spencer », Pablo Larrain imagine les fêtes de Noël qu’a passée Lady Diana qui souffre du naufrage de son couple.
  • Kristen Stewart livre une performance frémissante dans le rôle de cette femme solitaire et bafouée.
  • Cette fable flirte le fantastique pour faire comprendre la psychologie de la princesse.

Spencer de Pablo Larrain, disponible ce lundi sur  Prime vidéo, a tout pour attirer : une princesse mythique en détresse,  Lady Diana et une grande actrice,  Kristen Stewart pour l’incarner. Ces trois jours de célébration des fêtes de Noël dans la famille royale montre un point de vue très différent de celui de la série The Crown.

Les problèmes de couple qui pourrissent la vie de la trentenaire au début des années 1990 sont au centre de ce que le réalisateur de Jackie définit comme une « fable inspirée d’une vraie tragédie ». Spencer (nom de jeune fille de Diana) est entièrement centré sur la princesse ne laissant aux autres membres de la famille royale que des rôles de quasi-figurants. Seuls ses fils, encore enfants, et les domestiques semblent réellement exister auteur d’elle. La Reine et le Prince Charles sont réduits à des silhouettes antipathiques.

A la frontière du fantastique

« Nous n’avons pas cherché à reproduire une réplique de Diana, explique Pablo Larrain dans sa note d’intention. Nous avons voulu utiliser des outils cinématographiques tels que le temps, l’espace et le silence pour créer un monde qui recrée l’équilibre entre le mystère et la fragilité du personnage. » Le réalisateur n’hésite pas à convoquer le fantastique quand la princesse rencontre Anne Boleyn (1507-1536), reine que son mari Henri VIII a fait décapiter pour en épouser une autre. Un soutien spectral évident pour Diana qui vient de découvrir que Charles lui a offert le même collier de perles qu’à sa maîtresse Camilla Parker Bowles pour Noël.

Spencer révèle une Diana flirtant avec la folie, cernée par des ombres menaçantes parmi lesquelles on reconnaît  Timothy Spall en majordome inquiétant. Ces seuls appuis sont sa camériste (  Sally Hawkins très touchante qui arrache ses rares sourires à la princesse) et le Chef cuisinier (Sean Harris) inquiets de ses escapades et de ses crises de boulimie. Plus encore que dans The Crown, le spectateur est le témoin des désordres alimentaires de Diane mais aussi de ses errances physiques magnifiées par une photographie sublime signée Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu).

Dans la tête de Diana

Pablo Larrain n’a pas son pareil pour plonger les spectateurs dans la tête d’une femme médiatisée. Comme il l’avait fait pour Jacqueline Kennedy dans Jackie, il pénètre dans les méandres du cerveau d’une femme dépassée par l’Histoire et il entraîne une Kristen Stewart frémissante à sa suite. Ils célèbrent Lady Diana, certes, mais aussi le courage qu’il lui a fallu pour fuir un environnement toxique où tout lui était imposé des tenues aux menus.