Sir Sidney Poitier, premier acteur noir à remporter l’Oscar, est mort

A JAMAIS LE PREMIER L'acteur Sidney Poitiers, premier comédien bahaméen à recevoir l'Oscar du meilleur acteur en 1964, est mort à l'âge de 94 ans

A.D. avec AFP
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L'acteur Sidney Poitier, ici en 2016, est mort à l'âge de 94 ans.
L'acteur Sidney Poitier, ici en 2016, est mort à l'âge de 94 ans. — Richard Shotwell/AP/SIPA
  • Sidney Poitier fait ses débuts au cinéma dans La porte s’ouvre (No Way Out) de Joseph L. Mankiewicz en 1950, une époque où les comédiens noirs sont presque toujours invisibilisés.
  • Il devient une immense star en posant sa voix et douce et puissante dans la comédie Devine qui vient dîner en 1967 avec Spencer Tracy et Katharine Hepburn.
  • Dans les années 1980 et 1990, l’acteur se consacre à des actions humanitaires, et à une carrière politique qui le voit notamment devenir ambassadeur des Bahamas au Japon.

Il est le premier comédien noir à avoir remporté l’Oscar du meilleur acteur en 1964 pour sa performance dans Le Lys des champs de Ralph Nelson. Sir Sidney Poitier est mort ce vendredi à l’âge de 94 ans, a annoncé Fred Mitchell, ministre des Affaires étrangères des Bahamas, au média  Eyewitness News Bahamas. Il a également été le premier acteur noir nommé pour un Oscar du meilleur acteur pour le film The Defiant Ones en 1958.

Parlant de sa mort, Fred Mitchell a déclaré : « Nous avons perdu un grand Bahaméen et j’ai perdu un ami personnel. » « Nous avons perdu une icône, un héros, un mentor, un combattant, et un trésor national », a écrit le vice-Premier ministre des Bahamas Chester Cooper sur sa page Facebook à propos de l’acteur, sans mentionner la cause de son décès.

Concierge à l’Actor Studios

Sidney Poitier, d’origine haïtienne, est né à Miami en 1927 mais a grandi dans le village de Cat Islands, aux Bahamas. A quinze ans, son père l’envoie tenter sa chance aux États-Unis. Passionné de cinéma, il étudie au prestigieux Actors Studio, dont il paie les cours en y étant concierge. Le manque de diversité de l’industrie cinématographique est toujours un problème au XXIe siècle. Mais lorsque l’acteur fait ses débuts au cinéma dans La porte s’ouvre (No Way Out) de Joseph L. Mankiewicz en 1950, les comédiens noirs presque toujours invisibilisés.

Il y avait eu d’autres acteurs noirs dans des rôles principaux au cinéma, dont James Edwards et Harry Belafonte, mais ils étaient extrêmement rares. Hattie McDaniel était la seule interprète noire à avoir reçu l’Oscar, celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans Autant en emporte le vent. Ce pionnier de la lutte pour les droits civiques s’est fait un nom en devenant la star de plusieurs drames antiracistes comme La Chaîne (1958) et Le Lys des champs (1963), qui lui vaut l’Oscar du meilleur acteur, et la colère des conservateurs quand en lui remettant son Oscar, l’actrice Anne Bancroft l’embrasse sur la joue, ou encore Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison en 1967.

Il devient une immense star de cinéma en posant sa voix et douce et puissante dans la comédie Devine qui vient dîner en 1967 avec Spencer Tracy et Katharine Hepburn. Un an avant l’assassinat de Martin Luther King, cet acteur noir régnait sur le box-office… C’est l’apogée de sa carrière. Un succès qui déplait chez les conservateurs mais aussi dans une partie de la communauté afro-américaine qui estimaient que ses incarnations répondaient avant tout aux désirs de la communauté blanche.

La médaille de la Liberté des mains de Barack Obama

Las des critiques et conscient qu’avec les films de la Blaxploitation il est dépassé par la nouvelle génération, Sidney Poitier décide de passer derrière la caméra au début des années 1970. Il va réaliser une dizaine de films dont Faut s’faire la malle, immense succès au box-office au début des années 1980.

Dans les années 1980 et 1990, il se consacre à des actions humanitaires, et à une carrière politique qui le voit notamment devenir ambassadeur des Bahamas au Japon. En 2001, il avait reçu un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, et dix ans plus tard, la Médaille présidentielle de la Liberté des mains de Barack Obama.