« Scream » : « 20 Minutes » partage ses plus grands souvenirs et coups de flippe de la saga horrifique

HELLO SIDNEY Avant le nouveau film mercredi en salle, les journalistes du service « Culture » de « 20 Minutes » se remémorent ce que « Scream » représentait il y a 25 ans maintenant

Le service « Culture » de « 20 Minutes »
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Drew Barrymore dans « Scream » (1997)
Drew Barrymore dans « Scream » (1997) — Les Films Number One
  • Le nouveau – et cinquième – film Scream, réalisé par Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin sort mercredi dans les salles obscures et dans le plus grand des mystères
  • Le premier Scream, sorti à l’été 1997, avait relancé un sous-genre moribond, le slasher, et donné naissance à une des franchises horrifiques les plus lucratives
  • Les journalistes de 20 Minutes racontent ce que le film de Kevin Williamson et Wes Craven représentait pour eux à l’époque

Été 1997. Le cinéma horrifique ne s’invite plus au box-office, et le slasher est devenu un sous-genre moribond, pour ne pas dire quasi inconnu du grand public. C’est alors que débarque Scream, né de la rencontre du nouveau venu  Kevin Williamson et du master of horror Wes Craven. Un néo-slasher, méta et référentiel, qui devient un succès critique et public immédiat, et un film culte pour toute une génération. Suivront très vite deux suites, puis 10 ans plus tard un quatrième film, le dernier de Wes Craven  disparu en 2015.

Près de 25 ans plus tard, un nouveau Scream sort mercredi dans les salles obscures et dans le plus grand des mystères, l’occasion pour les journalistes de 20 Minutes de raconter comment ils ont découvert le premier film, récemment ressorti en Blu-ray 4K chez Paramount Pictures Home Entertainment, et ce qu’il représentait pour eux à l’époque. Et comme l’ouverture avec Drew Barrymore, cela commence fort.

- ATTENTION VIEUX SPOILERS - ATTENTION VIEUX SPOILERS -

« J’ai dormi avec un couteau de cuisine sous mon oreiller » pour Anne

J’ai vu Scream le jour de sa sortie en France le 16 juillet 1997 à la séance de 20h avec des potes de la fac de cinéma dans laquelle j’étudie alors. Pas question de louper le nouveau  Wes Craven, qui a notre profond respect grâce à La Colline a des yeux et Les Griffes de la nuit. En plus, Drew Barrymore d’E.T., qu’on adore aussi parce que Spielberg est le maître absolu, est annoncée dans le rôle-titre, son visage en grand sur les affiches. On a hâte aussi de découvrir Courteney Cox au cinéma, qu’on vient à peine de découvrir dans une série qu’on adore, Friends.

En salles, le choc. Le personnage de Drew Barrymore se fait trucider au bout d’une vingtaine de minutes dans une séquence d’anthologie. On s’accroche à nos sièges. A la fin de la séance, on débriefe : « Wes Craven est trop malin, c’est génial, il bute sa star comme Hitchcock l’a fait avec Janet Leigh dans Psychose », « J’adore comment il maîtrise tous les codes du slasher tout en les détournant, c’est presque une satire de film d’horreur ! ».

Je rentre chez moi, seule, dans la grande maison de ma maman, partie en vacances. Le téléphone (fixe, je n’avais pas encore de portable) sonne. Je décroche, j’entends un souffle, un ricanement. Le manège recommence plusieurs fois. J’appelle tous mes potes : « Bon, c’était rigolo, la bonne blague, mais, stop, je commence à flipper ». Figurez-vous que vingt-six ans plus tard, je ne sais toujours pas qui est le petit rigolo qui m’a bien eue. Parce que la nuit du 16 au 17 juillet 1997, j’ai dormi avec un couteau de cuisine sous mon oreiller !

« En fait les films d’horreur, ça fait peur » pour Benjamin

Tout le monde ne parlait que de ça. Il fallait absolument aller voir ce film. D’autres ados, plus cools que moi, l’avaient trouvé hilarant et glosaient sur les nombreuses références aux films d’horreur des années 1970. Certains parlaient même des actrices sexys… Bref, j’y suis allé aussi, pour pouvoir moi aussi rire et gloser sur les films de genre et plaire aux filles de ma classe, peut-être. Mais je n’ai pas ri, je n’ai pas saisi les références. J’ai juste eu peur. Mais genre très peur. Depuis, mon opinion sur les films d’horreur n’a pas changé : ils font peur.

« Pour l’amour du "whodunit" et du "teen" » pour Vincent

C’est lors d’un stage de plongée sous-marine dans le Sud, que j’ai découvert Scream à 16 ans dans un petit cinéma de Cannes. Voilà pour le contexte totalement gratuit, et pourtant assez précis pour rendre compte de l’importance de cette découverte. Et c’est tout autant le choc de l’ouverture, l’approche méta, la mise en scène au cordeau (couteau ?) qui m’ont marqué, que le whodunit - littéralement « qui l’a fait ». Qui est sous le masque de Ghostface ? Qui est le tueur ? En fait les tueurs ! Le tour de force du film est que, dans sa dernière ligne droite, il n’y a plus de suspects possibles, il n’en reste que deux. Oui : 1 + 1 = 2 tueurs. Pourtant, je n’y ai pas pensé, j’étais trop à fond, et garde le souvenir d’une vraie révélation, voire d’une déflagration.

Scream est également indissociable pour moi, moins de son réalisateur Wes Craven que de son scénariste Kevin Williamson, qui a créé un an plus tard le teen show Dawson. Scream et Dawson, les deux revers d’une même pièce et d’une même passion pour l’adolescence (en séries) et le cinéma (de genre).

« "Scream" a nourri mon goût pour le cinéma de genre » pour Fabien

Je me souviens qu’un jour de 1998, mon grand frère, de onze ans mon aîné, était rentré avec la K7 de Scream. J’avais alors 14 ans et je n’ignorais pas que le film, dont j’avais beaucoup entendu parler – je crois notamment dans feu le magazine XL qui était une référence en matière de culture pop pour les ados à une période où les modems Internet n’avaient pas pris place dans tous les foyers – était interdit aux moins de 16 ans.

La perspective de découvrir Scream avec deux ans d’avance sur l’âge prétendument autorisé s’enveloppait alors d’un parfum de subversion (oui, il m’en fallait peu pour me donner l’impression d’être un rebelle). J’avais eu l’occasion d’apercevoir des scènes assez impressionnantes des Griffes de la nuit à un jeune âge et j’imaginais que Scream irait encore plus loin. Au final, je garde peu de souvenirs de ce premier visionnage en compagnie de mon frère si ce n’est la tension de la scène d’ouverture – j’avoue trouver le reste du film bien moins intense et palpitant.

J’ai découvert Scream 2 et 3 bien après leur sortie, en DVD. Et j’ai payé un ticket pour voir le 4 en salle. Avec la perspective du cinquième épisode, je me suis refait ces films pendant les vacances de Noël, trois le même jour. Et j’ai adoré replonger dans ces souvenirs cinématographiques de jeunesse, dans l’ambiance nineties qui est si proche (quoi qu’en dise la génération Z) mais paraît si lointaine. Scream fait partie de ces films qui ont nourri mon goût pour le cinéma de genre, tout simplement.

« Un concentré des années 1990 » pour Laure

En 1997, à l’heure de la sortie française de Scream, j’ai déjà vu tous les Vendredi 13, la saga Halloween, Simetierre, et j’en passe. J’ai 13 ans (normal) et en tant que grande fan de teen dramas ambiance Dawson, Hartley cœur à vif et Angela, 15 ans, je suis LA cible idéale de ce slasher signé Wes Craven. Rappelons que le film s’installe dans la petite ville paisible et fictive de Woodsboro où des lycéens sont assassinés les uns après les autres par un psychopathe déguisé en fantôme. L’assassin s’appelle d’ailleurs Ghostface (tête de fantôme), il n’y a pas de hasard.

Si, aujourd’hui, les souvenirs du film se sont un peu estompés dans ma mémoire, il a su laisser des traces indélébiles dans mon esprit de jeune adulte. Un masque terrifiant aux faux airs du Cri d’Edvard Munch, le souffle glaçant du meurtrier à travers le combiné du téléphone et surtout Neve Campbell, qui incarne à l’époque Julia Salinger de la série culte La vie à cinq

Scream a su imposer son style et lancer une tendance avec toute une génération de « teens d’horreur » dans la deuxième moitié des années 1990 : Souviens-toi l’été dernier (tiens, tiens, encore Kevin Williamson) et le très hot Sex crimes. Les années 1990 qui sentent bon Moby et Red right hand de Nick Cave & The Bad Seeds.

« Un voyage en voiture avec Wes Craven » pour Caroline

Je me souviens d’un voyage en voiture avec Wes Craven. C’était en Catalogne, à l’occasion du Festival de Sitges. Il venait de réaliser Scream 2 et semblait un tantinet amer. « On me cantonne dans le genre horrifique, m’avait-il confié et j’aimerais bien essayer de faire autre chose. » Il y est parvenu peu de temps après pour La Musique du cœur, avec Meryl Streep. Pas vraiment son film le plus abouti. Il a ensuite signé Scream 3. Pour moi, la saga reste associée à cette anecdote et à son créateur si talentueux pour faire peur, moins pour faire pleurer.

« Wazaaaaaa ! » pour Clément

« Wazaaaaaa ! » Voilà mon souvenir le plus marquant de Scream. Ou peut-être bien qu’il s’agit plutôt de la scène d’ouverture du premier volet, lorsque Carmen Electra se fait poignarder par le terrible tueur, qui se retrouve avec son implant mammaire au bout de sa lame. Ça ne vous dit rien ? C’est probablement parce que ce scénario n’est pas celui de Scream mais de Scary Movie. Lorsqu’on me parle de la saga horrifique de Wes Craven, c’est évidemment le masque de Ghostface auquel je pense tout de suite, mais pas celui qui est taché de sang après le meurtre de Casey, plutôt celui qui tire la langue lorsqu’il parle à Shorty à l’autre bout du fil. J’imagine qu’on a les références qu’on mérite.