« The Lost Daughter » : Maggie Gyllenhaal s’en prend au tabou de la maternité

NETFLIX La comédienne dirige Olivia Colman et Dakota Johnson dans « The Lost Daughter », disponible sur Netflix ce vendredi

Caroline Vié
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Dakota Johnson dans «The Lost Daughter» de Maggie Gyllenhaal
Dakota Johnson dans «The Lost Daughter» de Maggie Gyllenhaal — Yannis Drakoulidis/Netflix
  • La rencontre avec une jeune maman pousse une quinquagénaire à s’interroger sur son propre passé de mère débordée.
  • « The Lost Daughter » s’inspire d’un roman d’Elena Ferrante pour se demander si toutes les femmes sont faites pour élever des enfants.
  • Ce film récompensé à Venise pour son scénario réunit des actrices brillantes.

Toutes les femmes sont-elles faites pour être mères ? C’est la question que pose The Lost Daughter, première réalisation de l’actrice  Maggie Gyllenhaal disponible sur   Netflix ce vendredi. Trois actrices remarquables,   Dakota Johnson,  Olivia Colman et Jessie Buckley, l’aider à raconter cette histoire au scénario primé à Venise après avoir été inspiré par  Poupée volée d’Elena Ferrante.

« Je suis mère et heureuse de l’être mais cela ne m’a pas rendue prosélyte, explique Maggie Gyllenhaal à 20 Minutes. J’ai connu trop de femmes qui avaient une vision idéalisée de la maternité et qui ont été dépassée par la réalité pour estimer qu’il est obligatoire d’enfanter. » Son héroïne, jouée par Olivia Colman, revoit son passé chaotique de mère, brillante universitaire débordée entre deux fillettes en bas âge, quand elle croise une jeune vacancière et sa fillette.

« La maternité est un tabou dont il est toujours aussi difficile de s’extirper même pour les femmes les plus jeunes qui doivent toujours subir l’injonction de la société à devenir mère au plus vite, » insiste Maggie Gyllenhaall. L’action isole les personnages sur une île grecque dont les paysages paradisiaques ajoutent paradoxalement au côté sinistre de l’ensemble. « Maggie a su communiquer le poids qui mère sur les épaules des héroïnes, explique Dakota Johnson à 20 Minutes. La mère que j’incarne n’est pas une mauvaise personne : elle est juste dépassée par sa vie de famille. » Une situation que ne va pas arranger la disparition du jouet chéri de sa fillette qui devient de plus en plus difficile à gérer après ce vol.

Les retours en arrière sur le passé de l’héroïne (dont la version jeune est brillamment interprétée par Jessie Buckley) permettent de mieux accepter les réactions de ces femmes coincées dans des vies qui ne leur conviennent pas toujours. « Mon but est de montrer à celles qui ne se sentent pas à l’aise dans leur rôle de maman, qu’elles ne sont pas seules dans ce cas », insiste Maggie Gyllenhaal. Sa direction d’actrices (et d’acteurs dont   Peter Saarsgard, son mari à la ville, et Ed Harris), est pour beaucoup dans les émotions ressenties devant ce premier long-métrage. « C’est une histoire de femmes qui les met en avant mais je pense qu’elle peut être aussi passionnante pour des hommes qui ont envie de mieux les comprendre », martèle Dakota Johnson.