« Belle » : L'anime de Mamoru Hosoda dédiabolise la Toile et ses effets sur les jeunes

E-TOILE Mamoru Hosoda signe un conte animé généreux et visuellement sublime avec « Belle » au cinéma ce mercredi

Caroline Vié
«Belle»: L'anime de Mamoru Hosoda dédiabolise la Toile et ses effets sur les jeunes — 20 Minutes

Et si Internet et les réseaux sociaux étaient bénéfiques pour les ados ? C’est ce point de vue que défend Belle de   Mamoru Hosoda, découvert en séance spéciale au  Festival de Cannes 2021. Une lycéenne timide se métamorphose en rock star sur la Toile jusqu’à ce qu’un dragon agressif vienne semer la terreur dans ce monde virtuel. Un être mystérieux et cruel dont la véritable identité est secrète mais qui fait une fixette sur l’héroïne.

« Je me suis librement inspiré de l’histoire de La Belle et la Bête, confie Hosoda-san à 20 Minutes. Mon but était de montrer que tout n’est pas négatif sur Internet où les jeunes peuvent laisser libre cours à leur créativité et rester en contact. Il ne faut pas diaboliser la Toile. » Le réalisateur des Enfants Loups (2012), du Garçon et la Bête (2016) et de  Miraï ma petite sœur (2018), a pensé à sa propre fille en écrivant ce film incroyablement riche graphiquement. « Elle est encore petite mais je me suis rendu compte qu’elle était très timide à l’école et très déterminée à la maison ce qui a nourri la double personnalité de mon héroïne », précise-t-il.

Un conte résolument moderne

Jamais le cinéaste, pourtant fort doué, n’avait été aussi inspiré que pour ce conte qu’il a voulu résolument moderne. « Il s’agit de mon film le plus complexe à ce jour, confie Mamaro Hosoda. Créer un monde virtuel que je souhaitais riche en détails originaux de façon à désorienter totalement le public m’a demandé beaucoup de temps et d’énergie. » Si on pense encore parfois à Hayao Miyazaki ou à   Satoshi Kon devant son œuvre, le réalisateur a gagné en maturité et en personnalité. L’intelligence de son écriture comme la richesse de son scénario confirment qu’il est l’un des plus grands animateurs japonais actuels.

« A la base, les adolescents vivent déjà une période difficile de leur vie, insiste Hosoda-san. Et cela est encore plus sensible au Japon depuis la pandémie, où ils sont bloqués à la maison, ce qui peut favoriser des situations familiales toxiques. » Belle est aussi sublime visuellement que gorgé d’espoir en l’espèce humaine, représentée par des jeunes solidaires. « C’est mon film le plus personnel, insiste le réalisateur. La production m’a laissé une grande liberté tant du point de vue du message que de la création des univers. » C’est peut-être parce que Mamoru Hosoda y a mis beaucoup de lui-même que Belle est une telle merveille. Son adaptation en roman par le cinéaste lui-même sortira, éditée en français, chez Pika le 5 janvier.