« Chère Léa » : Comment Grégory Montel tente de récupérer son chagrin d'amour

AMOUR Jérôme Bonnell confronte Grégory Montel au dépit amoureux dans « Chère Léa » en salle ce mercredi

Caroline Vié
Grégory Montel et Grégory Gadebois dans «Chère Léa» de Jérôme Bonnell
Grégory Montel et Grégory Gadebois dans «Chère Léa» de Jérôme Bonnell — Céline Nieszawer/Diaphana Distribution
  • Dans « Chère Léa », un quadragénaire mis à la porte par sa compagne décide de lui écrire.
  • Un patron de café compréhensif l’aide à faire le deuil de sa relation.
  • Grégory Montel, Grégory Gadebois et Anaïs Demoustier sont au centre de cette comédie délicate signée Jérôme Bonnell.

Se faire larguer, ça fait un mal de chien ! Dans Chère Léa de Jérôme Bonnell, Grégory Montel incarne l’amoureux éconduit d’une belle jouée par  Anaïs Demoustier. Histoire de mettre les choses au clair, il décide de lui écrire depuis le café en face de chez elle où trône un patron joué par Grégory Gadebois.

Cette délicieuse comédie découverte au Festival d'Angoulême célèbre l’amour vu par des quadragénaires et c’est fort réjouissant. « Mon personnage aime sans doute plus le fait d’être amoureux que la femme qui l’a mis à la porte, explique Grégory Montel à 20 Minutes. Au fond, il sait que leur histoire est finie, mais il refuse de l’accepter. » D’où la missive qu’il peaufine mais dont le spectateur ne découvrira jamais le contenu.

Des instants magiques

« L’homme que je joue en a vu des gens passer dans son café, ce qui lui a permis d’acquérir une certaine sagesse, précise Grégory Gadebois à 20 Minutes. C’est une présence bienveillante. » La bienveillance est d’ailleurs l’ingrédient principal d’un récit où tendresse ne rime pas avec mièvrerie. Jérôme Bonnell, réalisateur entre autres de A trois on y va et du Chignon d’Olga fait aimer ses héros tout comme le décor parisien chaleureux dans lequel ils évoluent. « Jérôme a un don pour rendre les petites choses de la vie, des instants magiques qu’il saisit au vol », insiste Grégory Gadebois.

Cette justesse est l’un des atouts majeurs d’un film où le spectateur se sent comme attablé avec le héros pour l’écouter s’épancher. « Je crois que c’est la première fois que Jérôme Bonnell centre un film sur des hommes et leurs problèmes, précise Grégory Montel. Et je trouve qu’il fait mouche quand il décrit comment un quadragénaire peut envisager ses rapports avec les femmes. » L’humour, toujours délicat, glisse sur les protagonistes sans les blesser, mettant parfois en avant des seconds rôles originaux comme un client frappé de déraison, une ex-femme avec les pieds sur terre ou une papetière enceinte.

« Jérôme a conçu son café comme un saloon de western, raconte Gégory Montel. Les gens y passent, s’y posent et s’y confient, puis repartent vers d’autres aventures. » Chère Léa transmet cette impression d’avoir croisé des camarades de comptoir sympathiques. On sort de la projection comme on sort de l’établissement : la tête vibrante de récits, le cœur grenadine et le sourire aux lèvres.