« House of Gucci » : Lady Gaga et Adam Driver tirent leur épingle d’un jeu de massacre mollasson

MODE Ridley Scott évoque la destinée tragique de Maurizio Gucci et des siens dans le peu réjouissant « House of Gucci » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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«House of Gucci» de Ridley Scott
«House of Gucci» de Ridley Scott — Universal France
  • L’arrivée d’une jeune épouse dans la famille Gucci sème la zizanie parmi ses membres.
  • « House of Gucci » plonge dans les rivalités qui déchirent ces empereurs de la mode.
  • Lady Gaga et Adam Driver sont les atouts majeurs du film. Les seuls ?

La famille Gucci ferait passer les Borgia pour des Bisounours. House of Gucci de Ridley Scott plonge dans les secrets de ces Atrides de la mode incarnées par une pléiade de stars. Lady Gaga, Adam Driver, Jared Leto, Al Pacino et Jeremy Irons sortent leur plus bel accent italien pour l’occasion.

Et il faut bien reconnaître que ces braves gens sont collectors : les deux frères aînés (Pacino et Irons en roue libre) se tirent la bourre, le premier en businessman cupide, le second en snob de première classe. Le fils du premier (Jared Leto, grimé et pas dirigé) n’est qu’un ringard et celui du second un grand gars timide… Tout cela va mal finir car – cherchez la femme – une roturière débrouillarde va venir semer la zizanie chez ces messieurs.

Duo de choc

Le réalisateur du Dernier duel a prouvé par ce film, sorti le mois dernier, qu’il en avait encore sous le capot pour parler de sujets brûlants comme le consentement sexuel ou pour filmer des affrontements brutaux. Il est beaucoup moins à son aise dans des discussions familiales et financières dans lesquelles le public s’égare comme dans les coulisses d’un défilé de mode. Seules les performances complémentaires d’Adam Driver et Lady Gaga sortent le spectateur d’un mélange d’agacement et de torpeur.

Lui, est touchant dans la peau de Maurizio Gucci encombré par son grand corps, capable de délicatesse comme de dureté. Mais c’est elle, surtout, qui surprend constamment, passant de fraîche jeune fille émerveillée à garce arriviste pour finir en épouse haineuse parce que délaissée. « Sa créativité est exceptionnelle », estime Ridley Scott dans le dossier de presse. On est d’accord avec lui, mais il est dommage que cette énergie créatrice ne se soit pas étendue au film tout entier.