« Cry Macho » : Clint Eastwood signe un film somme qui revisite le western et n’a rien d’assommant

COWBOY Clint Eastwood remonte à cheval devant et derrière la caméra pour le road-movie « Cry Macho » en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Clint Eastwood et Eduardo Minett dans «Cry Macho» de Clint Eastwood
Clint Eastwood et Eduardo Minett dans «Cry Macho» de Clint Eastwood — Warner Bros
  • Un cow-boy fatigué escorte un jeune Mexicain vers les Etats-Unis.
  • Clint Eastwood est à la fois réalisateur et acteur pour « Cry Macho »
  • Ce film touchant permet de retrouver de nombreux thèmes chers au cinéaste.

A 91 ans, Clint Eastwood en a encore sous le chapeau. Il remonte en selle pour Cry Macho, qu’il réalise et dont il tient le rôle principal, deux ans après La Mule. Son personnage ? Un ex-champion de rodéo, parcheminé mais toujours fringant, face à un ado mexicain qu’il doit ramener aux Etats-Unis ( Edouardo Minett).

On comprend vite pourquoi le roman de N. Richard Nash (1913-2000) a attiré Clint Eastwood qui cherche à le porter à l’écran depuis quarante ans : ce western solide donne l’impression de parcourir un condensé de sa filmographie.

« Cry Macho » est bouleversant comme dans « La Mule »

Impossible de ne pas penser à La Mule (2019) devant son personnage de vieux de la vieille qui assume ses rides mais ne se montre pas moins prêt à prendre des risques pour accomplir sa mission. « On voit ce gars complètement au fond du trou remonter lentement la pente », commente l’acteur-réalisateur dans le dossier de presse. Ce type de justicier fatigué qui se bat pour un enfant jalonne l’œuvre du cinéaste même quand il le fait interpréter par Angelina Jolie dans L’Echange.

Les personnages sont complices dans « Un monde parfait »

La relation quasi filiale qui unit le héros et son jeune acolyte, fan de combats de coqs, rappelle celle de Kevin Costner et du gamin avec lequel il part en cavale dans Un monde parfait (1993). Leur complicité se développe de façon très authentique permettant à Clint Eastwood de réfléchir au poids des années et au moyen de s’en accommoder. « Vouloir être un macho aujourd’hui est ridicule » dit le héros du film. On a l’impression que le réalisateur se parle à lui-même.

Le héros est un justicier comme dans « Gran Torino »

Cry Macho a reçu une volée de bois vert par la presse d’outre-Atlantique, ce qui nous semble injuste. L’œuvre prend des allures de film testament touchant comme l’était déjà un peu Gran Torino (2009), dans lequel Clint Eastwood revenait sans concession sur son passé de justicier tel qu’il apparaissait dans L’Inspecteur Harry (1971) et ses suites. Il revisite ici le western et le road-movie avec un enthousiasme mélancolique.

Il y a quarante ans, Clint Eastwood, trop jeune, voulait confier le rôle qu’il incarne aujourd’hui à Robert Mitchum. Il a maintenant l’âge de le jouer lui-même. « Avant tu étais fort », dit l’ado au vieux cow-boy dans un dialogue du film. « Avant, j’étais beaucoup de choses » lui répond Clint Eastwood, qui est encore et toujours un immense cinéaste.