« Une vie démente » : Peut-on devenir les parents de ses propres parents (la faute à Alzheimer)?

MEMOIRE Un duo de réalisateurs belge explore un mal galopant avec un peu de recul et d'humour dans « Une vie démente », ce mercredi au cinéma

Caroline Vié
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Gilles Remiche et Jo Deseure dans «Une vie démente» d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
Gilles Remiche et Jo Deseure dans «Une vie démente» d'Ann Sirot et Raphaël Balboni — Arizona Distribution
  • Quand sa mère sombre dans la démence sénile, un jeune homme doit prendre la situation en main.
  • « Une Vie démente » d’Ann Sirot et Raphaël Balboni évoque la maladie d'Alzheimer de façon réaliste et solaire, malgré la tragédie qu’il raconte.

Il est terrible le moment où l’on devient les parents de ses propres parents. C’est ce que découvre le héros d’Une vie démente quand sa mère, brillante galeriste, est progressivement engloutie par maladie d' Alzheimer. Après The Father de Florian Zeller, ce film signé Ann Sirot et Raphaël Balboni aborde de façon plus réaliste le problème de la démence sénile.

« Cette maladie est une vraie difficulté, non tangible, qui permet une multitude de situations à la fois très complexes, très quotidiennes et très humaines auxquelles on peut tous être confrontés », explique la réalisatrice dans le dossier de presse. Le duo de cinéastes retranscrit cette situation à la perfection, emportant le spectateur du rire au cauchemar sur la piste d’un mal incurable qui ne peut qu’empirer.

Solaire envers et contre tout

Tout pose problème au jeune couple du film quand la dame, brillamment incarnée par Jo Deseure, commence à déraisonner. Il faut l’empêcher de dépenser, de conduire, de s’enfuir, ce qui veut dire réduire de plus en plus son espace de liberté. Un calvaire pour la patiente comme pour ses proches, contraints de mettre de côté leur projet d’avoir un bébé pour s’occuper d’elle.

Si Une vie démente sonne si juste, c’est peut-être parce que les réalisateurs ont puisé dans leur propre biographie quand ils s’occupaient de la mère de Raphaël Balboni. Ils prennent soin de montrer les situations dans leur horreur comme dans leur drôlerie. La sélection des auxiliaires de vie est un grand moment d’absurdité. L’art qu’aimait tant la dame apporte aussi des bulles de poésie dans un film qui parvient à rester solaire même dans ses scènes les plus dures.