« The French Dispatch » : Wes Anderson s’offre un magazine de luxe au casting de stars

COMEDIE Wes Anderson s’est offert une distribution impressionnante pour peupler la rédaction et les articles de « The French Dispatch », son nouveau film en salles ce mercredi

Caroline Vié
— 
«The French Dispatch»: Wes Anderson s’offre un magazine de luxe au casting de stars — 20 Minutes
  • « The French Dispatch » est un magazine dont Wes Anderson fait découvrir les journalistes et leurs articles.
  • Il s’est entouré d’une pléiade de stars parmi lesquelles on reconnaît Bill Murray, son acteur fétiche.
  • Ce film généreux a été tourné à Angoulême, ville française rebaptisée « Ennui-sur-Blasé » pour l’occasion.

Le journalisme est à l’honneur sur grand écran ces derniers temps. Après Xavier Giannoli et les journaux du XIXe siècle pour Illusions perdues, c’est Wes Anderson qui décrit la vie d’un magazine dans The French Dispatch, patchwork réjouissant découvert en compétition à Cannes en juillet dernier.

Cette chronique farfelue aux saveurs acidulées met en revue un casting de luxe de stars françaises et américaines : Léa Seydoux, Timothée Chalamet, Frances McDormand, Mathieu Amalric, Owen Wilson, Tilda Swinton, Lyna Khoudry, sans oublier Bill Murray, acteur fétiche du cinéaste.

Bill Murray forever

« Il a joué dans tous mes films depuis le premier, je le considère comme un porte-bonheur. Quand je vais à l’une de mes avant-premières avec lui j’ai une délicieuse impression de déjà-vu », explique Wes Anderson à 20 Minutes. Bill Murray est épatant en directeur de journal qui mène son monde à la baguette. « Wes n’a pas changé depuis plus de vingt ans que je le connais, confie-t-il à 20 Minutes. Il vous laisse une grande liberté. » Ce qui transparaît dans une œuvre foisonnante où la fantaisie est constante que ce soit dans une prison, un café ou en pleine révolution estudiantine.

On peut trouver ce film généreux un brin foutraque mais c’est un plaisir de se laisser emporter dans cette rédaction de reporters aux visages familiers. « Ce film est né de mon envie d’être journaliste comme de celle de diriger des Français que j’aime. J’ai mêlé les deux dans une fiction », insiste Wes Anderson. Il a tourné The French Dispatch à Angoulême qu’il a transformé en ville fictive baptisée « Ennui-sur-Blasé », deux mots qui ne correspondent en rien à The French Dispatch, c’est de l’humour.

Le Fantôme de Jacques Tati

« J’ai choisi Angoulême parce que cette ville est préservée comme dans une bulle intemporelle. Il y avait peu de choses à faire pour lui donner un aspect magique », insiste Wes Anderson qui vient d’y inaugurer une exposition sur le film. Le plus francophile des cinéastes américain, qui vit à Paris, multiplie les saynètes savoureuses autour de personnages joyeusement excentriques : cuisinier détective, peintre fou, gardienne de prison ou révolutionnaire en herbe semblent avoir été visités par le fantôme de Jacques Tati. Le monde de Wes Anderson est foisonnant à souhait. Avoir l’occasion de le feuilleter ainsi, comme un magazine de papier glacé, est un régal total pour les yeux comme pour l’esprit.