« Bingo Hell », « The Manor », « Black as Night »... Welcome to the Blumhouse, la maison des horreurs de Prime Video

C'EST L'HORREUR (3/5) Chaque samedi jusqu'à Halloween, « 20 Minutes » propose de se faire peur, entre actualité cinéma et classiques du genre, avec cette semaine une anthologie de films Blumhouse sur Amazon Prime Video

Vincent Julé
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« Black as Night » est l'un des derniers films de l'anthologie Welcome to the Blumhouse sur Amazon Prime Video
« Black as Night » est l'un des derniers films de l'anthologie Welcome to the Blumhouse sur Amazon Prime Video — Amazon Prime Video
  • Le producteur Jason Blum s'est imposé en dix ans comme un nouveau maître de l'horreur avec les films devenus franchises The Blair Witch Projet, Insidious...
  • Il est également présent sur les plateformes, avec par exemple l'anthologie de films Welcome to the Blumhouse sur Amazon Prime Video
  • La fournée Halloween 2021 met en avant des personnages sous-présentés dans le genre : des femmes, âgées, racisées...

 

En une dizaine d’années, le producteur américain Jason Blum et sa boîte Blumhouse se sont imposés comme une référence du cinéma de genre, mais aussi et surtout ont imposé un modèle de petit budget pour gros succès, à l’instar des films devenus franchises The Blair Witch Projet, Insidious ou American Nightmare. Il a même réussi à attirer des auteurs comme M. Night Shyamalan (The Visit, Split) ou Jordan Peele (l’oscarisé Get Out), ou à récupérer et relancer des films cultes comme Halloween, dont la suite Halloween Kills sort en salle mercredi.

Aucun écran, petit ou grand, ne lui échappe avec également une présence sur les plateformes, dont l’anthologie de films Welcome to the Blumhouse sur Amazon Prime Video. Quatre films avaient été ainsi proposés pour Halloween 2020 autour de l’amour et la famille, et où Black Box et son histoire de traitement expérimental contre l’amnésie sortaient du lot. Cette année, quatre nouveaux films explorent les horreurs institutionnelles et phobies personnelles, et mettent en avant des personnages sous-représentés dans le genre.

« Bingo Hell », le bingo de l’enfer

Lupita, mexicaine sexagénaire, voit dans un mauvais oeil le rachat de la salle de bingo du coin, d’autant plus que ses amis et voisins y gagnent le gros lot… avant de mourir dans d’atroces souffrances ! Elle décide de prendre les armes pour protéger son quartier bien-aimé d’une force maléfique, et non, il ne s’agit pas de la gentrification. Enfin, si, pour la métaphore. Comédie potache et gore, Bingo Hell se rêverait en Bubba Ho-tep, mais accuse sa longueur, là où un sketch des Contes de la crypte aurait suffi.

« The Manor », l’EHPAD de l’enfer

Après avoir été victime d’un léger accident vasculaire cérébral, Judith Albright emménage à contrecœur dans une maison de retraite chargée d’histoire où elle commence à croire qu’une force surnaturelle y tue les résidents. Et de deux, deux films avec pour héroïne une femme âgée, ici interprétée par nulle autre que Barbara Hershey, 73 ans, célèbre pour La Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese ou Portrait de femme de Jane Campion. Elle livre une performance à fleur de peau dans une histoire de maison (de retraite) hantée somme toute classique, mais dans laquelle la cinéaste Axelle Carolyn insuffle assez de vie, et de mort, pour faire la différence. Et peur.

« Madres », la communauté de l’enfer

Dans l’attente de leur premier enfant, un couple latino-américain s’installe dans une communauté agricole de la Californie des années 1970, où la femme Anita est bientôt assaillie de visions terrifiantes et de curieux symptômes. Jordan Peele a prouvé avec Get Out, Us et même le récent Candyman que le genre et l’horreur sont des moyens détournés de traiter la question du racisme à Hollywood. Madres de Ryan Zaragoza en est un nouveau représentant, efficace à défaut d’être original, auquel il est possible de préférer la série Them - Eux sur une famille noire s’installant dans un quartier résidentiel blanc dans les années 1950, disponible également sur Amazon Prime Video.

« Black as Night », les vampires de l’enfer

Une adolescente pleine de ressources et animée d’un désir de vengeance passe son été dans sa ville de Nouvelle-Orléans à combattre les vampires aux côtés de ses amis. Buffy, is that you ? Non, son nom est Shawna (Asjha Cooper), mais elle est tout aussi cool et badass, et la réalisatrice Maritte Lee Go réussit à faire de Black as Night à la fois un pur teen movie fantastique et un commentaire social sur l’après-Katrina, sans que les deux ne se parasitent. On tient peut-être le meilleur Blumhouse de cet Halloween 2021.