« Le Peuple loup »: Tomm Moore puise de nouveau sa magie dans les légendes irlandaises

ANIMATION L’enchanteur Tomm Moore emporte le spectateur dans un monde féerique pour « Le Peuple loup » en salles ce mercredi

Caroline Vié
— 
«Le Peuple loup»: Tomm Moore puise de nouveau sa magie dans les légendes irlandaises — 20 Minutes
  • L’amitié improbable entre deux fillettes éclaire « Le Peuple loup ».
  • Le réalisateur de « Brendan et le secret de Kells » et « Le Chant de la mer » signe une nouvelle merveille de cinéma d'animation.
  • Il mélange les styles graphiques pour ce conte écologique appréciable tous les âges.

Les légendes irlandaises, Tomm Moore les connaît si bien qu’il les a faites siennes dans ses films. Le Peuple loup, dernier volet du triptyque qu’il leur a consacré, brode autour de l’amitié inattendue de deux fillettes que tout sépare. Le réalisateur de Brendan et le secret de Kells et du Chant de la mer signe une œuvre intensément belle.

« C’est une histoire féminine que j’ai souhaité écrire, explique le réalisateur. Ces deux enfants, l’une sauvage, l’autre qui va le devenir, symbolisent l’amour que je porte à la nature et au besoin de la préserver à tout prix de la folie humaine. » Cette fable au fort message écologique a été présentée au Festival d'Annecy et citée aux Oscars. Elle se révèle un enchantement pour toute la famille.

En toute liberté

Tomm Moore s’est permis une grande liberté de styles autour de ses héroïnes et des loups magiques qui les entourent. « Le fait d’avoir mon propre studio et de travailler en indépendant me permet de faire plus facilement des choix audacieux, explique-t-il. Comme celui de jongler avec différents types de graphismes. » Le spectateur, émerveillé, se laisse emporter au temps des légendes et reconnaît au fil des images des influences diverses, notamment au peintre Gustav Klimt.

« L’animation permet de laisser libre cours à son imagination, reconnait-il. Seul le manque de temps peut donner des limites mais une structure artisanale comme la nôtre est moins lourde à gérer qu’une grande compagnie comme Pixar. » Le cinéaste ne ressent aucune jalousie envers ses confrères américains même si Soul de Pete Docter lui a soufflé l’Oscar sous le nez l’an passé. « Leur exigence tire tout le monde vers le haut, précise-t-il. Avec un film comme Soul, Pete Docter habitue les spectateurs à voir des choses novatrices et à découvrir des esthétiques différentes. Il ouvre la porte à des œuvres comme Le Peuple loup ».

Pour tous les âges

Ses gamines aux fortes personnalités s’engouffrent dans la brèche, poursuivies par des Anglais cruels et accueillies dans une forêt aussi mystérieuse que nourricière. « J’aimerais que le public se laisse emporter dans ce monde féerique comme dans un rêve éveillé », avoue Tomm Moore. Son Irlande natale, magnifiée, sert d’écrin à des aventures merveilleuses soulignées par une partition éblouissante de Bruno Coulais. On est heureux de se sentir en osmose avec Le peuple loup, un conte conseillé pour tous les âges.

L'Irlande se fait bien enluminer