« L'Homme de la cave »: François Cluzet s'installe dans la vie d'un couple et sème l'horreur

NEGATIONNISME Le bras de fer entre un couple qui lui a vendu sa cave et un prof d'histoire négationniste est au centre de « L’Homme de la cave » au cinéma ce mercredi

Caroline Vié
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Jérémie Renier et François Cluzet dans «L'Homme de la cave» de Philippe Le Guay
Jérémie Renier et François Cluzet dans «L'Homme de la cave» de Philippe Le Guay — Caroline Bottaro/Ad Vitam
  • Un couple vend sa cave à prof d'histoire retraité dont ils découvrent qu'il y a élu domicile pour développer ses activités négationnistes.
  • Jérémie Renier et Bérénice Bejo vont tout essayer pour déloger le fâcheux incarné par François Cluzet.
  • « L’Homme de la cave » tourne au film d’horreur tandis que la situation s’envenime entre les protagonistes.

C’est un film d’horreur qui réunit ce mercredi François Cluzet, Jérémie Renier et Bérénice Bejo.L’Homme de la cave, vu au Festival d'Angoulême, glace le sang du spectateur en abordant un sujet épineux : le négationnisme.

Un couple bourgeois vend sa cave à un professeur d’histoire retraité. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’ils découvrent que non seulement le gentil monsieur très poli s’est installé dans le réduit, mais qu’il est de plus un négationniste niant l’existence de la Shoah. Ils veulent alors le mettre dehors. « Leur vie tourne au cauchemar car la loi française interdit de casser la vente une fois que les clés ont été remises », explique à 20 Minutes  Philippe Le Guay, qui s’est inspiré d’une histoire arrivée à des amis pour écrire le scénario de son film.

Un temps d’avance

Le bras de fer entre le couple et l’intrus de plus en plus intrusif prend des allures de thriller. L’homme refuse catégoriquement de quitter les lieux même s’il est intégralement remboursé. « Il se pose en victime, précise le réalisateur. C’est une des constantes des négationnistes que d’estimer et de faire croire qu’ils sont persécutés. » D’abord doux comme un agneau, le personnage qu’incarne François Cluzet devient de plus en plus inquiétant car il semble toujours avoir un temps d’avance sur la famille qu’il a piégée.

« J’ai mis des années à me sentir à l’aise pour aborder ce thème que je n’avais jamais vu traité au cinéma, déclare Philippe Le Guay. La tendance actuelle au complotisme m’a encouragé à me lancer. » Le suspense s’épaissit tant le « méchant » se révèle retors, arrivant à convaincre une partie des habitants de l’immeuble d’épouser sa cause. La situation s’envenime quand il parle à la fille adolescente du couple que ses arguments pourraient bien convaincre. « Il parvient à la faire douter, ce qui va achever de disloquer la famille tant cela met le père en fureur », insiste le cinéaste.

Des idées monstrueuses

Servi par une distribution impeccable, L’Homme de la cave a l’intelligence de ne jamais être caricatural. « Il ne fallait pas que le spectateur se trouve face à un croquemitaine, précise Philippe Le Guay. Les négationnistes sont pernicieux pour distiller leur idéologie antisémite, ce qui les rend encore plus dangereux. » Son film fait comprendre le mécanisme qui anime cet ancien enseignant haineux. Il fait d’autant plus peur qu’il s’agit d’un être humain aux idées écœurantes et non d’un monstre.

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