« Killer Game », « Fear Street », « Slasher »... Le retour des tueurs masqués sur petit et grand écran

C'EST L'HORREUR (2/5) Chaque samedi jusqu'à Halloween, « 20 Minutes » propose de se faire peur, entre actualité cinéma et classiques du genre, avec cette semaine le renouveau du « slasher »

Vincent Julé
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« Kill Game », un slasher mélancolique, à voir sur Netflix
« Kill Game », un slasher mélancolique, à voir sur Netflix — David Bukach / Netflix
  • Avec la sortie de Halloween Kills le 20 octobre et un nouveau Scream début 2022, le slasher fait son grand retour sur les écrans.
  • Sous-genre à part entière du cinéma d’horreur, il obéit à des codes très précis que les films et réalisateurs s’amusent à tordre.
  • De Killer Game à Initiation en passant par la série Slasher, 20 Minutes vous propose une sélection d’œuvres et curiosités qui célèbrent ou renouvellent le genre.

Après un premier âge d’or au début des années 1980, dans le sillage de Black Christmas, Halloween et Vendredi 13, le slasher a fait son grand retour à la fin des années 1990 avec Scream. Derrière son approche méta, la formule restait la même avec tueur masqué, arme blanche et whodunit. Depuis, ce sous-genre à part entière du cinéma d’horreur n’a jamais vraiment disparu des écrans, même si les Conjuring, Sans un bruit, Ça ne lui laissaient pas beaucoup de place.

Le retour et remake d’Halloween en 2018, et son record au box-office, a créé un appel d’air, avec des suites (Halloween Kills sort le 20 octobre), des reboots (un nouveau Scream début 2022), mais également des propositions et curiosités originales, dont voici une sélection à l’approche d' Halloween.

« Killer Game » ou le « slasher » mélancolique

Ajouté mercredi sur Netflix, Killer Game, dont on préférera le titre original There’s Someone Inside Your House, commence comme n’importe quel slasher, avec ses lycéens pris pour cible par un tueur encapuchonné et masqué. Un masque à l’effigie de sa victime, dont il révèle les secrets aux yeux de tous : bizutage qui tourne mal, appel à la haine, etc.

Pourtant, par l’attention qu’il porte à ses personnages et l’ambiance mélancolique qu’il installe, le réalisateur Patrick Brice ne signe pas qu’un « simple » slasher, avec de vrais moments de tension et des mises à mort stylisées. Il fait aussi état d’un spleen adolescent, un peu comme It Follows avant lui.

« Initiation » ou le « slasher » post #MeToo

Disponible en VOD à l’achat et location, puis en DVD le 16 octobre, Initiation est un slasher qui avance… masqué. Il ne joue en effet pas selon les codes du genre, du moins pas tout de suite. Tout le début du film raconte ainsi la vie d’une université, leurs fraternités et sororités, mais aussi les histoires de harcèlements et de viols, et le rôle joué par les réseaux sociaux. Ellery soupçonne ainsi son frère Wes d’avoir abusé de son amie Kylie.

C’est là qu’interviennent un tueur masqué et son pistolet à clous ou sa perceuse. Initiation retrouve alors un chemin plus balisé, entre meurtres et suspects, mais il aura réussi à déjouer les attentes et attirer l’attention sur son vrai sujet : les violences faites aux femmes.

« Fear Street » ou le « slasher » triple hommage

Adaptée d’une série de livres de R. L. Stine et mise en ligne cet été sur Netflix, Fear Street est une drôle de trilogie, car chaque film et partie se déroule à une époque différente (1994, 1978 et 1666), mais forme une seule et même mythologie. Les deux premiers sont d’ailleurs 100 % des slashers, et Fear Street 1994 s’ouvre même sur une longue séquence qui rappelle celle de Scream.

Nos héros et surtout héroïnes adolescentes sont ensuite confrontées à plusieurs tueurs issus du passé maudit de leur ville de Shadyside. Fear Street 1978 assume encore plus l’hommage aux slashers des années 1980, puisqu’il met en scène un massacre dans un camp de vacances dans la plus pure tradition de Vendredi 13.

« Freaky » ou le « slasher » high concept

Dans Happy Birthdead, le réalisateur américain Christopher Landon s’amusait déjà avec le slasher, qu’il mixait avec un autre genre : le film de boucle temporelle à la Un jour sans fin. Il reprend un high concept comparable dans Freaky, où il mélange toujours le slasher avec, cette fois, le film d’échange de corps, dont le modèle reste le roman Freaky Friday de Mary Rodgers et ses nombreuses adaptations.

Le serial killer le Boucher sème la terreur en ville, et lorsque la jeune Millie croise sa route et son arme, une vieille dague, elle ne meurt pas, mais se réveille… dans le corps du tueur, interprété par Vince Vaughn. Ce qui veut dire que le Boucher est dans son corps et compte bien profiter de sa nouvelle apparence pour faire un carnage. Le film ne s’en tient souvent qu’à son idée de départ, forte il est vrai, avec un one-man-show de Vince Vaughn et quelques meurtres qui font mal. Sorti en salle en juin dernier, Freaky est maintenant disponible en VOD et DVD/Blu-ray.

« Slasher » ou le « slasher » (oui c’est tout)

Le slasher s’est déjà invité sur le petit écran, avec le précurseur Harper’s Island, les teen shows Pretty Little Liars et Riverdale, la série Scream bien sûr, sans oublier le travail de Ryan Murphy (American Horror Story, Scream Queens). Mais, peu le savent, une série anthologique lui est entièrement consacrée depuis 2016. Tout simplement titrée Slasher, elle compte quatre saisons de huit épisodes (dont les 2 et 3 sur Netflix) et applique le petit slasher illustré à la lettre, avec la petite ville, le camp d’été ou l’île isolée, un tueur looké et masqué, des secrets du passé, et le défilé de suspects. Ni comique, ni méta, la série est accusée d'être presque trop sérieuse, mais non moins efficace et addictive.