« Eiffel » : Comment Romain Duris imagina une tour pour mieux séduire Emma Mackey

AVENTURE « Eiffel » construit sa tour et concrétise une belle histoire d’amour entre Romain Duris et Emma Mackey, dans les salles ce mercredi

Caroline Vié
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Emma Mackey et Romain Duris dans «Eiffel» de Martin Bourboulon
Emma Mackey et Romain Duris dans «Eiffel» de Martin Bourboulon — Pathé
  • « Eiffel » raconte la construction de la tour, inédite pour l’époque, mais bien connue depuis, pour l’Exposition Universelle de 1889.
  • Le film fait aussi partager la passion moins connue de Gustave Eiffel pour la femme de son meilleur ami.
  • Entre intime et spectaculaire, cette fresque « à la française » est une réussite.

Il n’y a pas qu’à Hollywood qu’on sait mêler Histoire et passion. Eiffel de Martin Bourboulon entraîne Romain Duris, interprète de l’architecte Gustave Eiffel, dans les affres d’une passion interdite pour la femme de son meilleur ami, incarnée par Emma Mackey (Sex Education).

Cette fresque, très bien accueillie au Festival du Film Francophone d'Angoulême, présente les deux histoires en parallèle : la grande avec la construction de la Tour Eiffel pour l’exposition Universelle de 1889 et la petite, celle de l’adultère que l’on cache de peur d’être condamné par la société de l’époque. « Ce qui va servir de moteur à sa création, c’est pourtant elle, cet ancien amour de jeunesse qu’il retrouve à un moment clef de sa carrière », explique Romain Duris à 20 Minutes.

Un processus collaboratif

Martin Bourboulon, connu pour le duo de comédies Papa ou Maman, se lance cette fois dans le grand spectacle avec une délectation communicative. « J’ai pensé à Titanic de James Cameron pour construire le film, avoue-t-il à 20 Minutes. Non pas dans la catastrophe finale mais pour son équilibre entre réalité historique et romanesque. »

Et cela n’a pas été si facile à en croire la scénariste Caroline Bongrand, qui relate son parcours du combattant pour imposer ce film depuis les années 1990 dans le livre Eiffel et moi (éditions Amphora). La belle histoire a fini par prendre corps avec l’aide de Thomas Bidegain, Tatiana de Rosnay et Natalie Carter. « Le processus d’écriture a été très collaboratif, se souvient le réalisateur. L’histoire s’est montée un peu comme la construction de la Tour avec beaucoup d’efforts et de détermination. »

Leur travail d’écriture s’est révélé payant ! Le spectateur passe de l’intime au grandiose, de la chambre à coucher à un chantier pharaonique, au rythme du cœur et des activités du héros. « Eiffel est surtout motivé par l’envie d’impressionner la femme qu’il aime, insiste Romain Duris. Il vit une période intense de son existence que nous aimerions faire partager au public. »

Un chantier pharaonique

L’exaltation est à son comble quand l’architecte rejoint les ouvriers sur une structure qui domine le Paris du XIXe siècle reconstitué par la magie des effets spéciaux numériques. « Il fallait qu’ils soient suffisamment crédibles pour être totalement invisibles et ne pas sortir les spectateurs de l’intrigue », insiste Martin Bourboulon. Le résultat est époustouflant tant on a l’impression de redécouvrir la Ville Lumière telle qu’elle était autrefois.

Si Eiffel met en avant la besogne d’hommes déterminés, le personnage féminin n’a rien d’une potiche jouant les faire-valoir ou les repos du guerrier. « Adrienne est une femme intelligente qui aurait sans doute travaillé avec Gustave s’ils étaient nés plus tard, précise Emma Mackey. Ce sont les obligations d’une époque qui cantonnait les femmes en coulisses qui l’empêchent d’agir. » Ce qui rend son personnage doublement tragique dans son impossibilité de s’épanouir dans sa vie privée comme dans une activité professionnelle.

Epaulé par un duo d’acteurs parfaitement assorti, Martin Bourboulon a gagné le pari de créer un film populaire dans le sens le plus noble du terme. On ne peut que se laisser emporter dans cette histoire passionnante.