Festival de Cannes 2021 : Queer Palm à « La Fracture », Palm Dog aux chiens de Tilda Swinton

PREMIERES PALMES Palm Dog, Queer Palm, prix Un Certain regard ou Grand prix de la Semaine de la critique permettent de patienter avant le palmarès du jury de Spike Lee

Stéphane Leblanc
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Les chiens de Tilda Swinton ont remporté la Palm Dog 2021
Les chiens de Tilda Swinton ont remporté la Palm Dog 2021 — Eric RANDOLPH / AFP

Il n’y a pas que la Palme d’or dans la vie du festivalier cannois. Il y a bien d’autres récompenses, dont voici les principales :

La Palm Dog aux trois épagneuls de Tilda Swinton

Cette récompense en forme de collier canin, Tilda Swinton se l’est mise autour du cou avant de faire un FaceTime avec ses chiens restés en Ecosse. Car ce sont eux, Dora, Rosie et Snowbear, enrôlés à ses côtés dans The Souvenir Part II de Joanna Hogg, qui ont remporté la Palm Dog 2021. Ces trois épagneuls springer  succèdent ainsi à Brandy, le staffordshire terrier de Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino, pour ce prix indépendant qui récompense la meilleure performance canine du Festival de Cannes.

La Queer Palm à La Fracture de Catherine Corsini

Le jury de la Queer Palm était présidé cette année par l’acteur et réalisateur Nicolas Maury. Et parmi 26 films en lice pour ce prix qui distingue un film singulier en matière de traitement des questions LGBT, c’est La Fracture de Catherine Corsini, qui a été récompensée pour son couple de bourgeoises lesbiennes incarné par Marina Foïs et Valeria Bruni Tedeschi, découvrant la lutte des Gilets jaunes lors d’une visite à l’hôpital. La précédente Queer Palm avait été décernée à Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.

Le Prix œcuménique et le Prix Fipresci de la critique internationale à Drive my car de Ryusuke Hamaguchi

Au moins, ces deux prix sont d’accord et couronne en effet le film qui a été le mieux noté par l’ensemble des critiques présents pendant la quinzaine. Un road trip initiatique très japonais sur fond de culpabilité, de doutes et d’abnégation, signé Ryosuke Hamaguchi, qui était aussi le plus long des films de la compétition (2h59). Un vrai coup de cœur dans lequel on croise Tchekhov et des fantômes. Annoncé comme l’adaptation d’une nouvelle de Murakami, c’est en réalité « l’adaptation de trois nouvelles du même recueil, Des hommes sans femmes, comme l'a confié le cinéaste à 20 Minutes.

Le Prix Cannes Soundtrack à Rone pour Les Olympiades et à Sparks pour Annette

Ce prix récompense la meilleure musique des films en compétition. Et Rone, DJ star qui a composé la BO des Olympiades de Jacques Audiard (et qui joue un personnage à part entière du film) partage le prix Cannes Soundtrack avec les frères Sparks qui, de leur côté, sont à l’origine de la comédie musicale Annette de Leos Carax.

Le Prix de la meilleure création sonore à Noche de fuego de Tatiana Huezo

C’est le film sélectionné au Certain regard Noche de fuego qui reçoit le prix de la meilleure contribution sonore. On y entend trois jeunes filles en proie à la violence des narcos dans un village de montagne du Mexique. « Les sons de la nature, la musique, en un mot la création sonore participent de la perception de ce monde âpre et violent. Mais la bande-son est aussi un contrepoint poétique, qui nous fait rentrer de manière intime dans les sensations de ses héroïnes. Finalement l’univers sonore témoigne de l’humanisme de sa réalisatrice Tatiana Huezo », d’après le jury du cinéaste français Philippe Le Guay.

Le Prix Un Certain regard aux Poings desserrés de Kira Kovalenko

Le jury présidé par la Britannique Andrea Arnold, a décerné le prix Un Certain regard aux Poings desserrés, de Kira Kovalenko. C’est le deuxième long-métrage d’une jeune cinéaste russe de 31 ans, dont 20 Minutes n’a pas eu le temps de voir le film, mais qui a laissé certains de ceux qui l'ont vu en état de choc. Le film raconte la quête de liberté d’Ada, une adolescente à l’étroit dans sa famille de garçons et son village perdu en Ossétie du Nord.

Grand prix de la Semaine de la critique à Feathers d’Omar El Zohairi

C’est Feathers, premier film du réalisateur égyptien de 32 ans Omar El Zohairi, qui a remporté le prix de la plus ancienne des sections parallèles. Ce film raconte comment une femme « dévouée corps et âme à son mari et à ses enfants » va devoir tout à coup assumer « le rôle de cheffe de la famille », après qu’un magicien a transformé accidentellement son mari en poule, lors de l’anniversaire de leur fils de quatre ans. Le jury de la Semaine de la critique était présidé cette année par le réalisateur roumain Cristian Mungiu, récompensé par la Palme d’or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.