« Titane » : Julia Ducournau révèle Agathe Rousselle dans un cauchemar digne de Cronenberg

HORREUR La réalisatrice Julia Ducournau malmène violemment le spectateur dans « Titane », présenté ce mardi en compétition à Cannes avant de sortir ce mercredi en salle

Caroline Vié
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Agathe Rousselle  dans «Titane» de Julia Ducournau
Agathe Rousselle dans «Titane» de Julia Ducournau — Diaphana
  • Après le triomphe de « Grave » à la Semaine de la Critique, Julia Ducornau s’essaye à la compétition officielle avec « Titane ».
  • La réalisatrice associe Vincent Lindon et la débutante Agathe Rousselle dans une histoire étrange de maternité et de fusion entre les êtres humains et les automobiles.
  • Ce film dérangeant est à réserver à un public averti mais pourrait valoir un prix d’interprétation à sa jeune actrice.

Radical est le mot qui définit le mieux Titane, le nouveau film de Julia Ducournau. La réalisatrice, découverte par la Semaine de la Critique avec Grave, signe une œuvre violente et singulière pour son deuxième film et sa première entrée en compétition officielle.

La rencontre entre une danseuse tueuse en série mutique et un pompier vieillissant shooté aux stéroïdes débouche sur une fable envoûtante mais un brin poseuse. « J’ai vraiment essayé de faire un film qui décoche une flèche, qui soit avant tout une expérience dont on sorte comme d’une épreuve physique », a déclaré la réalisatrice au magazine Trois couleurs.

Une actrice à découvrir

Expérience intense, Titane permet de découvrir Agathe Rousselle qui s’impose comme une évidence. Passant du féminin au masculin de façon extrêmement, elle malmène la notion de genre avec un mélange de douceur et de brutalité qui pourrait lui valoir un prix d’interprétation pour son premier rôle dans un long-métrage.

Face à elle, Vincent Lindon, massif en papa inconsolable après la disparition de son fils, est impressionnant. Leur relation complexe est l’un des moteurs principaux de Titane mais il n’est pas le seul. La fusion entre l’humain et les voitures est aussi au centre du récit.

Julia Ducournau en appelle à l’un des cinéastes qui l’a le plus influencée, David Cronenberg, pour parler de corps torturés et de maternité. Certaines scènes, les plus réalistes, sont douloureuses à regarder. D’autres convoquent le fantastique en forçant un peu le trait. Toutes confirment que la cinéaste a du talent. Moins virtuose que Grave, Titane reste malgré tout une œuvre intéressante, peut-être pas pour les âmes sensibles mais au moins pour les amateurs de sensations fortes.