« Désigné coupable » : Tahar Rahim excelle en détenu injustement incarcéré à Guantanamo

PERFORMANCE Tahir Rahim est éblouissant dans le rôle d’un homme qui a été incarcéré à tort pendant quatorze ans à Guantanamo dans « Désigné coupable » au cinéma ce mercredi

Caroline Vié
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Tahar Rahim dans «Désigné coupable» de Kevin Macdonald
Tahar Rahim dans «Désigné coupable» de Kevin Macdonald — Metropolitan Filmexport
  • Mohamedou Ould Slahi a été accusé d’être le commanditaire des attentats du 11 septembre 2001 et a été détenu à Guantanamo pendant quatorze ans sans accusation précise.
  • Kevin Macdonald raconte l’histoire vraie de faux coupable en s’inspirant du livre autobiographique que ce dernier a écrit.
  • Tahar Rahim a pu communiquer avec son modèle pour composer son rôle.

Belle année pour Tahar Rahim, actuellement juré au Festival de Cannes. Après avoir fait très peur en tueur calculateur dans la série Le Serpent, il a été cité aux Golden Globes pour sa performance brillante dans Désigné coupable de Kevin Macdonald où il incarne de nouveau un personnage réel.

Le comédien trouve l’un de ses plus beaux rôles en se glissant dans la peau de Mohamedou Ould Slahi, détenu mauritanien incarcéré pendant quatorze ans à Guantanamo sans jugement et ni inculpation parce qu’il était soupçonné d’avoir commandité les attentats du onze septembre 2001. Les efforts de ses avocates jouées par Jodie Foster et Shailene Woodley et l’aide d’un procureur militaire campé par Benedict Cumberbatch finiront-ils par faire triompher ses droits dans cette histoire vraie, poignante de bout en bout ?

« Le récit de ses épreuves m’a bouleversé quand j’ai découvert son autobiographie. J’étais stressé à l’idée qu’il se sente trahi par ma façon de l’incarner », confie Tahar Rahim à 20 Minutes. Il a dialogué avec son modèle par ordinateur interposé avant de pouvoir le rencontrer. « Il m’a sidéré par son courage et sa résilience car il a vécu des choses atroces et ne ressent aucune haine. Le rencontrer m’a beaucoup apporté. »

Payer de sa personne

L’acteur s’est investi à fond dans son rôle, acceptant de se faire meurtrir pas des menottes, asperger d’eau glacée et suivant un régime draconien. « C’était le moins que je pouvais faire pour lui rendre justice, insiste Tahir Rahim. Ce que j’ai subi est sans commune mesure avec les conditions dans lesquelles il vivait dans l’une des prisons les plus terribles du monde sans savoir s’il retrouverait un jour la liberté. » Le désespoir et le courage de cet homme qui a refusé de se laisser briser sont au cœur de Désigné coupable comme de la prestation de Tahar Rahim.