« Black Widow » : Avec Scarlett Johansson, Marvel se féminise et entre dans l’âge adulte

SUPERHEROÏNE Le personnage joué par Scarlett Johansson est plus sombre que jamais dans « Black Widow », en salles ce mercredi

Caroline Vié
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«Black Widow»: Avec Scarlett Johansson, Marvel se féminise et entre dans l’âge adulte — 20 Minutes
  • « Black Widow » de Cate Shortland permet de découvrir les origines de la Veuve noire.
  • Centrée autour de personnages féminins, l’intrigue du film est plus sombre que celle des précédents films Marvel.
  • Aux côtés de Scarlett Johansson, Florence Pugh et Rachekl Weisz excellent également dans cette histoire qui flirte avec le thriller d’espionnage.

Comment Natasha Romanoff est-elle devenue la Veuve noire, une superhéroïne capable de combattre avec les Avengers ? C’est à cette question que répond Black Widow de Cate Shortland. On y retrouve Scarlett Johansson dans le rôle de cette transfuge des pays de l’Est qui doit renouer avec un passé douloureux pour accepter ce qu’elle est devenue.

« Ce qui est passionnant ici, c’est que nous déjouons les attentes du public, explique la réalisatrice à 20 Minutes. Nous explorons des dimensions de Natasha dont les gens n’ont absolument aucune idée. Nous nous intéressons à toutes les facettes d’elle que nous n’avions jamais vues. » C’est avant tout une histoire de femmes que révèle ce film très sombre. Celle de Natasha certes, mais aussi celles de sa sœur, jouée par Florence Pugh, et de sa mère, incarnée par Rachel Weisz. Les hommes qu’elles côtoient, qui prennent les traits de Ray Winstone et David Harbour, se font voler la vedette par leurs partenaires féminines, tant sororité et maternité prennent de l’importance au sein de l’intrigue.

Une affaire de famille et de maturité

La jeune femme va retrouver sa famille d’autrefois et faire face à de nouvelles responsabilités, qui poussent ses aventures plus du côté du thriller d’espionnage que des délires d’action flamboyante des précédents opus Marvel. « J’ai fait des recherches sur les espions soviétiques et sur la façon dont ils sont formés auprès d’historiens, précise Cate Shortland. Cela m’a permis d’aller plus en profondeur pour construire le personnage en le rendant plus réaliste. » Le spectateur ne s’en attache que davantage à l’héroïne, qui prend une nouvelle dimension passionnante, en plongeant dans l’intimité de la cellule familiale, tandis que des ennemis inattendus de ses jeunes années viennent lui chercher des noises.

Moins girly que Wonder Woman (ses amours et ses tenues ne sont jamais au centre du récit), Black Widow s’impose comme une femme blessée, à la fois psychologiquement et physiquement, ce qui rend son destin particulièrement poignant. Avec cet opus, la franchise Marvel semble prête à atteindre l’âge adulte au cinéma. Poursuivre dans cette voie ne pourrait que plaire aux spectateurs qui ont grandi avec elle.