Festival d'Annecy: « Flee » remporte le Cristal du long-métrage d'animation

PALMARES Le documentaire danois « Flee » a remporté le Cristal du long-métrage au Festival du film d’animation d’Annecy, devant le Tchèque « Ma famille afghane » et le Français « La Traversée »

Stéphane Leblanc

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Jonas Poher Rasmussen reçoit le Cristal d'Annecy pour son film Flee
Jonas Poher Rasmussen reçoit le Cristal d'Annecy pour son film Flee — G.Piel/Annecy Festival
  • « Flee » a remporté le Cristal du long-métrage au Festival d'Annecy.
  • C'était l'un des quatre longs-métrages en compétition qui traitait, toujours avec beaucoup d'originalité, du sujet des réfugiés ou des migrations.
  • Le film danois avait remporté un prix à Sundance et devrait prochainement être diffusé sur Arte, à moins qu'il ne sorte finalement en salle.

 

Curieux festival « hybride » privé de festivité sur place une fois passée la dernière séance de 20 h 30... Le 60e  Festival d’Annecy, qui s’est terminé samedi soir, n’a au moins pas manqué de bons films. Et les meilleurs se sont logiquement retrouvés au palmarès.

Alors qui pour succéder en 2021 à Calamity ? Flee, un documentaire danois d’animation signé Jonas Poher Rasmussen, dont le titre signifie « fuir » en anglais et qui raconte l’odyssée d’un jeune réfugié afghan devenu un universitaire intégré à Copenhague. C’est ce film à la fois sobre et tranchant, que le jury a tenu à saluer pour ses qualités d’animation, devant deux autres franches réussites : Ma famille afghane de la réalisatrice tchèque Michaela Pavlatova (prix du jury) et La Traversée de la Française Florence Mihaile (mention du jury). Pour les courts-métrages, le Cristal a été attribué à Ecorce, film suisse de Samuel Patthey et Silvain Monney.

Flee lève un voile pudique sur l’histoire d’Amin, jeune afghan qui débarque de Russie, seul, après avoir fui avec sa famille de Kaboul en pleine guerre civile. Une véritable odyssée qu’il n’avait jamais osé partager avant que son histoire ne soit transposée à l’écran par l’un de ses plus proches amis, le réalisateur Jonas Poher Rasmussen lui-même.

Animation soignée et esquisses au fusain

Animation soignée pour raconter le présent, documents d’époque et esquisses au fusain pour les souvenirs un peu flous de l’adolescent lors de son exil. Ce documentaire animé offre plus de questions que de réponses quant aux choix impossibles d’une famille dans l’adversité ou aux doutes d’un mineur isolé en quête d’une terre d’accueil et d’un minimum de sécurité.

C’est le même sujet, mais avec un regard féminin et dans un parcours inversé, que traite Ma famille afghane de la réalisatrice tchèque Michaela Pavlatova, inspirée de l’histoire vraie également, d’une jeune tchèque qui tombe amoureuse à Prague d’un étudiant qu’elle va suivre et épouser en Afghanistan, avant de se retrouver au cœur d’une famille aimante, certes, mais confrontée aux mœurs d’un pays dirigé par les Talibans. La Traversée de Florence Miailhe, qui se distingue par une technique de peinture animée sur plaques de verre, rend hommage à sa grand-mère qui a fui les pogroms d’Odessa au début du XXe siècle en visant l’universel à travers le parcours d’une famille persécutée dans une région imaginaire à une époque indéfinie. Nettement moins subtil dans sa narration, Lamya’s poem est le quatrième film de la compétition sur un sujet proche : la fuite d’une jeune Syrienne dont le récit se mêle à celle d’un poète ayant connu un destin similaire au XVIe siècle.

Un humour salutaire

Quelle place pour l’humour face à toute cette misère ? Annecy a répliqué à travers quelques films de moindre importance comme le très potache Petit Moutard de l’Allemand Marcus Rosenmüller et de l’Espagnol Santiago Lopez Jover, le très acide Hayop Ka ! du Philippin Avid Liongoren ou le très enfantin Ma mère est un gorille (et alors ?) de la suédoise Linda Hamback. Les Chinois et les Japonais, sauf pour Josée le tigre et les poissons, ne sont jamais vraiment entrés dans la partie. L’humour était essentiellement là pour assurer l’ambiance en dehors de la compétition.  Luca, le dernier Pixar présenté en avant-première dans une salle bondée, ou Même les souris vont au paradis, conte fantastique pour les enfants à partir de 5 ans, ont fait office d’événements festifs joyeux dans un festival qui en a manqué quand même un peu.