« Shorta » : Y aurait-il quelque chose de pourri dans la police du Danemark ?

BASTON « Shorta » met aux prises deux policiers dans une cité de banlieue danoise survoltée, au cinéma ce mercredi

Caroline Vié

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Jacob Lohmann, Simon Sears et Tarek Zayat dans «Shorta» de Anders Olholm et Frederik Louis Hviid
Jacob Lohmann, Simon Sears et Tarek Zayat dans «Shorta» de Anders Olholm et Frederik Louis Hviid — Alba films
  • « Shorta » suit le périple d’un duo de policiers dans une cité après une bavure.
  • Ce premier film offre un suspense haletant.
  • Il aborde le thème des violences policières en laissant le spectateur se faire sa propre opinion sur le sujet.

Attention, film sous haute tension. Présenté au festival du cinéma policier Reims Polar, en section « Sang Neuf », le film danois Shorta (qui veut dire « police » en arabe) plonge dans les méandres d’un drame haletant. Un jeune homme meurt en garde à vue, des émeutes éclatent dans la banlieue de Copenhague et tout le monde est en danger.

La rage des jeunes dont le copain est décédé dans des circonstances floues va mettre en danger un binôme de policiers pendant leur patrouille. « Les jeunes sont en colère et se sentent diabolisés et incompris, et il en va de même pour les policiers agressés et sous payés », expliquent les réalisateurs Anders Olholm et Frederik Louis Hviid dans le dossier de presse.

Une violence universelle

La force de ce premier film est de démontrer que la violence est universelle. Il est impossible de ne pas penser à La Haine de Mathieu Kassovitz ou aux Misérables de Ladj Ly devant ce suspense brillamment mis en scène. Les rapports entre les policiers et le gamin qu’ils ont menotté pour avoir lancé un milk-shake sur leur voiture sont aussi crédibles que la fuite en avant de ces hommes traqués.

L’intensité dramatique atteint un paroxysme dans la relation entre les deux agents des forces de l’ordre qui ont chacun une idée opposée du droit de ceux qu’ils interpellent. Les réalisateurs adoptent leurs différents points de vue en laissant le public se forger sa propre opinion sur leur façon d’agir.

Radical et puissant

Entre polar et film de guerre, Shorta trouve une dynamique qui met les nerfs à rude épreuve. Bien que les réalisateurs se défendent d’avoir voulu signer un film politique, ils montrent comment les violences policières peuvent faire exploser des quartiers gangrenés par la misère et la délinquance. « Notre but est de faire vibrer et de divertir, mais aussi de susciter des conversations sur un sujet difficile sans solutions claires », précisent les cinéastes. Shorta parvient à ce résultat tant ce film radical marque l’esprit du spectateur par son intelligence et la puissance de ses scènes d’action.