Selon la Ligue contre le cancer, il y a beaucoup trop de tabac dans les films français

TABAC La journée sans tabac est lundi prochain, le 31 mai

20 Minutes avec AFP

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Gaspard Ulliel et Louis Garrel dans «Saint Laurent» de Laurent Bonello.
Gaspard Ulliel et Louis Garrel dans «Saint Laurent» de Laurent Bonello. — MANDARIN CINEMA - EUROPACORP – ORANGE STUDIO – ARTE FRANCE CINEMA – SCOPE PICTURES / CAROLE BETHUEL

En amont de la Journée mondiale sans tabac lundi prochain, le 31 mai, la Ligue contre le cancer publie mercredi une enquête qui dénonce la valorisation du tabagisme dans les films français. « Le tabac demeure quasi omniprésent dans les films français. Entre 2015 et 2019, 90,7 % comprennent au moins un événement, un objet ou un discours en rapport avec le tabac : personnes en train de fumer, présence de cendriers, cigarettes, personnage qui parle de tabac…. », note la Ligue d’après la 3e édition de son enquête menée depuis seize ans avec l’institut Ipsos, assortie cette fois d’un sondage auprès de jeunes adultes.

Une scène dans un film équivaut à six spots publicitaires

Dans un film, la présence du tabac, en moyenne 2,6 minutes, équivaut à six spots publicitaires. La Ligue constate aussi une forte augmentation du taux de fumeurs à l’intérieur des lieux de convivialité dans les films, une pratique désormais illégale dans la vie réelle. Ainsi, 21,5 % des scènes de tabagisme se situent dans un lieu de travail, au bureau, 16,6 % dans un café, restaurant ou discothèque.

Face à cette omniprésence tabagique, 58 % de jeunes de 18 à 24 ans considèrent qu’il s’agit d’incitations au tabagisme, et 54 %, que les industriels du tabac jouent un rôle dans le placement de produits, selon le sondage Ipsos réalisé en janvier auprès de 1.500 jeunes de 18-34 ans, dont 1.110 de 18-24 ans.

Les 18-24 ans de plus en plus devant des films ou séries

Cette surreprésentation du tabac dans les films est d’autant plus préoccupante que, depuis le 1er confinement en mars 2020, 66 % des 18-24 ans indiquent passer plus de temps devant des films ou séries, quel que soit le support : TV, ordinateur, tablette, smartphone, etc.

D’après l’enquête, des films d’animation comme Pourquoi j’ai pas mangé mon père et Le petit prince, ou Mustang sont indemnes de reproche du point de vue tabagique contrairement à d’autres comme Amis Publics, Les vieux fourneaux, Nous finirons ensemble ou encore La folle histoire de Max et Léon ou J’accuse.

Dénoncer les puissants lobbies du tabac

« La Ligue dénonce avec acharnement la valorisation du tabagisme dans les films français depuis plus de quinze ans » souligne son président, le Pr Axel Kahn. Il dénonce les « campagnes aussi agressives qu’insidieuses auprès des plus jeunes » de l’industrie du tabac. « Il faut continuer à dénoncer les puissants lobbies du tabac qui n’hésitent pas à apporter des financements pour voir leurs produits apparaître à l’écran, de façon plus ou moins directe », poursuit-il. La Ligue ne cherche pas à stigmatiser certains films, mais souhaite « aider l’industrie du cinéma à stopper ces pratiques inacceptables ».