« The Father »: Un conte de fées pour Florian Zeller et son interprète Anthony Hopkins

LAURIERS Florian Zeller et Anthony Hopkins ont été récompensés aux Oscars pour le bouleversant « The Father » en salle ce mercredi

Caroline Vié

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Anthony Hopkins dans «The Father» de Florian Zeller
Anthony Hopkins dans «The Father» de Florian Zeller — Orange studio/UGC distribution
  • Florian Zeller porte à l’écran sa pièce de théâtre « Le Père » et l'intitule« The Father ».
  • L'auteur, dont c'est le premier film au cinéma, a confié à Anthony Hopkins le rôle d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer.
  • Cette bouleversante descente aux enfers leur a valu de triompher ensemble aux Oscars.
  • Cette réussite encourage Florian Zeller à poursuivre sa carrière de cinéaste.

Il arrive enfin dans les salles françaises ! The Father de Florian Zeller avait vu sa sortie ajournée par l’épidémie de Covid-19 mais cela n’a pas empêché ce très beau film de connaître une carrière époustouflante à l’étranger. Avec une kyrielle de prix et notamment deux Oscars pour son scénario coécrit avec Christopher Hampton et pour sa star Anthony Hopkins.

« Quel bonheur de sortir enfin en salle, ce lieu magique où on partage des émotions avec des étrangers qui le sont moins à la fin de la projection ! », confie Florian Zeller à 20 Minutes.

Du point de vue du malade

Cette adaptation de sa pièce Le Père (2012) lui permet de connaître un conte de fées pour sa première réalisation de cinéma. Il y décrit l’expérience d’un homme que la maladie d’Alzheimer éloigne de ses proches et notamment de sa fille jouée par Olivia Colman. « J’ai essayé de montrer la maladie du point de vue du malade, de faire partager ce qu’il ressent. Je voulais faire vivre une expérience différente au public », explique Florian Zeller. Comme son héros, le spectateur perd progressivement pied dans un monde où il n’a plus aucun repère.

La surprise d’Anthony Hopkins

« Anthony Hopkins, que je rêvais dans ce rôle, a pris des risques incroyables pour l’incarner avec un courage admirable en acceptant de faire face sa propre mortalité, » admire Florian Zelller. Le comédien de 83 printemps livre une performance fort éloignée de son personnage d’Hannibal Lecter, tueur pervers et fascinant qui lui a valu un premier Oscar en 1992. « Cette deuxième récompense pour Anthony a été un coup de théâtre ! reconnaît Florian Zeller. Je ne m’y attendais pas du tout et lui non plus. » L’acteur très ému a rendu hommage à Chadwick Boseman, décédé en août dernier et donné favori des Oscars pour Le Blues de Ma Rainey.

Vivement la suite !

Le cauchemar que vit son héros à la raison qui flanche a porté chance à Florian Zeller. S’il attendait toujours qu’on lui livre sa statuette le jour de notre interview (avec la crainte que la douane la confisque !), il s’est déjà remis au travail pour porter à l’écran une autre de ses pièces, Le Fils, qu’il va tourner à New York avec Laura Dern et Hugh Jackman dans les rôles principaux. « The Father a changé ma vie. Ce succès ne m’intimide pas : il me donne envie de continuer sur ma lancée », avoue-t-il. On a hâte de voir où cela va le mener.