« Falling » : Viggo Mortensen lance des pistes pour une improbable réconciliation familiale

PERE ET FILS Viggo Mortensen évoque une relation compliquée entre un fils et son père dans « Falling » en salle de mercredi

Caroline Vié

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Viggo Mortensen dirige Lance Henriksen dans «Falling»
Viggo Mortensen dirige Lance Henriksen dans «Falling» — MetropolitanFilmEXport
  • Viggo Mortensen passe derrière la caméra pour la première fois avec « Falling ».
  • L'acteur et réalisateur décrit les rapports explosifs entre un fils sexagénaire homosexuel et son père conservateur.
  • Lance Henriksen est brillant dans le rôle du papa atteint de démence sénile face à Viggo Mortensen lui-même en fils généreux.

Viggo Mortensen a clairement des comptes à régler avec sa famille. Falling, le premier film du comédien américano-danois en tant que réalisateur, auréolée du label Cannes 2020, est centré autour d’un personnage de père odieux incarné par le trop rare Lance Henriksen. « Le film n’est pas autobiographique, assure Viggo Mortensen à 20 Minutes. Il parle de la famille en général, un sujet que j’espère universel. »

Dans ce patchwork entremêlant passé et présent, l’acteur-réalisateur de 62 ans, notamment connu pour ses performances dans la saga du Seigneur des anneaux et Green Book, s’est réservé le rôle d’un fils gay marié et père d’une petite fille adoptée avec son époux.

Où sont les femmes ?

Le film évoque aussi la condition féminine. La maman du héros, jouée par l’excellente Hannah Gross, n’a pas une vie facile, cantonnée par son mari aux besognes ménagères. « J’ai commencé à écrire le film en 2015 dans l’avion qui me ramenait des funérailles de ma mère, explique Viggo Mortensen. C’est cet événement douloureux qui m’a donné envie de parler des relations familiales. » Qu’il décrive le rejet du père conservateur pour le fils homosexuel qui l’accueille généreusement, ou la peur de mourir d’un papa qui n’a plus toute sa tête, « c’est le choc entre deux époques que décrit Falling et pas seulement la relation entre un père et un fils », assure Viggo Mortensen,

Démence familiale

« Ce qui se rapproche le plus de ma vraie vie, c’est la démence sénile que j’ai pu, hélas, étudier de près chez de nombreux membres de ma famille, soupire Viggo Mortensen. La décrire dans le film était une façon d’exorciser mes propres angoisses. » La masculinité et son évolution sont aussi des thèmes importants quand il montre les différences entre la famille dans laquelle son héros a grandi et celle que ce dernier a créée avec son mari. « Les hommes de la génération de mon père ont parfois eu du mal à accepter les évolutions de la société mais, fort heureusement, leurs enfants n’ont pas attendu leur approbation pour vivre leur vie. »

Apaisement personnel

Falling brille par sa générosité comme par l’humanité d’un récit dont chaque scène se révèle étonnante de justesse. « Ce film m’a apporté une forme de paix envers ma famille et de bienveillance vis-à-vis de moi-même », déclare Viggo Mortensen. C’est exactement ce que ressent le spectateur à la fin de la projection.