« Oxygène », « Buried », « Cube »… Si vous êtes claustrophobe, vous allez adorer ces films (non)

GENRE « Oxygène » sur Netflix enferme Mélanie Laurent dans un caisson, et il n’est pas le seul film à placer ses héros dans un espace confiné et à jouer avec les nerfs des spectateurs

Vincent Julé

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Toc ! Toc ! Mélanie Laurent aimerait bien sortir de son caisson cryogénique dans « Oxygène »
Toc ! Toc ! Mélanie Laurent aimerait bien sortir de son caisson cryogénique dans « Oxygène » — Netflix
  • Oxygène d’Alexandre Aja, mercredi sur Netflix, voit Mélanie Laurent se réveille enfermée dans un caisson cryogénique, le cauchemar de tout claustrophobe.
  • Plusieurs films de genre partent du même postulat : enterré vivant dans Buried, prisonniers de pièces mortels dans Cube, en virée spéléo dans The Descent
  • Ascenseur, coffre de voiture, sous-marin, catacombes… Chacun son espace confiné.

Dans Oxygène d’Alexandre Aja, disponible mercredi sur Netflix, Mélanie Laurent se réveille dans un caisson cryogénique. Elle ne peut pas sortir, à peine bouger et va bientôt manquer d’oxygène. Un pur high concept de film de genre, et le cauchemar de tout claustrophobe. Le cinéma aime jouer avec les peurs des spectateurs et spectatrices, avec petit effet cathartique à la clé, et a donc déjà enfermé ses héros et héroïnes. Ascenseur, catacombes, sous-marin, coffre de voiture ou l’immensité de l’espace, tout ou presque y est passé. 20 Minutes propose une petite sélection de films claustros pour public déconfiné.

« Buried », « Kill Bill »… Les enterrés vivants

Qui dit film claustro, dit forcément Buried, le long métrage auquel tout le monde pense dès qu’il est question de personnage enfermé, coincé dans quelques mètres carrés. Comme Oxygène. Le réalisateur Rodrigo Cortés enterre Ryan Reynolds six pieds sous terre dans un cercueil, seulement armé d’un téléphone et d’un briquet. Un tour de force, et de mise en scène, qui ne lâche jamais le spectateur et spectatrice, et permet à l’acteur de livrer un vrai one-man-show et de s’imposer parmi les grands.

Buried n’est pourtant pas le premier à enterrer vivant son héros, à l’instar de Quentin Tarantino avec Uma Thurman le temps d’une scène culte de Kill Bill 2, en fait un hommage au film d’horreur italien Frayeurs de Lucio Fulci de 1980. On peut même remonter encore plus loin, en 1962, avec le bien nommé L’Enterré vivant de Roger Corman, adaptation d’Edgar Allan Poe, où l’obsession d’un aristocrate pour la mort le mène vivant dans la tombe.

Dans la foulée de Buried, et difficile de savoir s’il s’agit de hasard ou d’opportunisme, le film direct-to-DVD Kidnapping voit Stephen Dorff en agent secret être enfermé dans un coffre de voiture par des terroristes qui veulent savoir où est caché le président des Etats-Unis. A moins que… C’est l’un des ressorts de ces films, la peur vient autant de l’intérieur et son danger (l’impossibilité de sortir, le manque d’air, etc.) que de l’extérieur et son mystère (qui les a enfermés ? pourquoi ?). Des films reposent entièrement sur ce hors-champ, comme The Divide et 10 Cloverfield Lane, où des gens se réveillent ou se réfugient dans une cave, alors que dehors se déroule l’apocalypse. Ou pas.

« L’Ascenseur », « Cube », « Panic Room »… Choisis ton espace confiné préféré

S’ils sont moins exigus qu’un cercueil ou un coffre, d’autres espaces confinés ont inspiré les cinéastes comme l’ascenseur avec L’Ascenseur de Dick Mass et Devil produit par M. Night Shyamalan, le distributeur bancaire avec ATM par le scénariste de Buried, la voiture enfouie sous la neige avec Centrigrade, la panic room avec… bah Panic Room de David Fincher. Mais la claustrophobie n’est jamais la seule menace, comment si cela ne suffisait pas, avec l’intervention de démon, tueur masqué ou cambrioleurs.

Dans le prochain Méandre, le 26 mai en salle, une jeune femme se réveille dans un tube, comme une bouche d’aération, et doit constamment avancer et éviter des pièges pour survivre. On pense alors à Cube, référence en la matière avec son labyrinthe de pièces communicantes et autant de pièges mortels. Un escape game avant l'heure.

« The Descent », « Catacombes », « Gravity »Enfermés dedans, dehors, dans l’espace ?

Le sous-marin est également une figure incontournable de ce cinéma, car doublement claustrophobe. Tu te sens à l’étroit et tu ne peux pas sortir. Parce que tu es au fond de l’océan ! Du Bateau de Wolfang Petersen au Chant du Loup, pour ne citer qu’eux, les films de sous-marins savent très bien faire monter la pression. Mais l’océan peut se suffire à lui-même, ou presque, comme dans Abyss de James Cameron, 47 Meters Down et sa cage aux requins, ou le futur et français The Deep House et sa maison hantée au fond d’un lac artificiel, le 30 juin dans les salles obscures.

La nature réussit aussi très bien toute seule à nous rendre claustros, même si certains le cherchent un peu quand même à l’instar des héroïnes du chef d’oeuvre The Descent, dont les moments de spéléologie font plus flipper que les attaques de monstres, ou des amateurs et amatrices d’urbex dans deux films sur les catacombes parisiennes mais réalisés par des Américains.

Mais le film claustrophobe ultime n’est-il pas celui où le héros ou héroïne est enfermée… dehors ? Allons-y même franchement : dans l’espace ! Alien reprenait les codes du film claustrophobe avec Ripley enfermée avec un Xénomorphe dans un cargo spatial, mais que dire de Gravity et Sandra Bullock enfermée seule là-haut, dans le silence, le néant ? A l’autre extrémité du spectre, impossible de ne pas évoquer le passionnant et métaphysique Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo de 1971 avec son soldat blessé à la guerre, amputé des quatre membres, privé de ses sens mais conscient, et donc enfermé dans son propre corps.