« Nomadland », « The Father »… Pourquoi ces films qui cartonnent aux Etats-Unis sont invisibles en France

SUCCES Favoris aux Oscars après avoir été récompensés dimanche soir aux Baftas, « Nomadland », « The Father » n'ont pas encore été montrés en France et il y a une explication

Caroline Vié

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Frances McDormand dans «Nomadland» de Chloé Zhao
Frances McDormand dans «Nomadland» de Chloé Zhao — Searchlight Pictures
  • « Nomadland » et « The Father » ont déjà été largement récompensés dans les pays anglo-saxons avant les Oscars du 25 avril.
  • La réouverture des salles américaines leur a permis d'être distribués et vus par le public.
  • Il est trop tôt pour en lancer la promotion en France où l'on n’a aucune visibilité sur la réouverture des cinémas.

Qui, en France, a entendu parler de The Father, premier film du romancier français Florian Zeller, ou deNomadland de la Sino-Américaine Chloé Zhao ? Ces deux films, qui ont encore triomphé au Baftas britanniques et sont donnés favoris aux Oscars, collectionnent les récompenses dans le monde Anglo-Saxon où tout le monde peut en parler, pour les avoir vus. Alors pourquoi pas en France ?

Tout simplement parce que les films ne sont diffusés nulle part et que leurs distributeurs attendent la réouverture des salles pour le faire. Alors que, aux Etats-Unis les cinémas accueillent de nouveau du public depuis le 5 mars, il est toujours impossible de savoir ce qu’il advient d’Anthony Hopkins en vieux père qui perd la boule ou de Frances McDormand en nomade des temps modernes. Si bien que des centaines de longs-métrages se trouvent actuellement perdues dans les limbes des nombreuses sorties reportées.

Pas de sortie, pas de promo

« La promotion d’un film coûte cher et aucun d’entre nous n’a envie d’investir tant qu’on n’a aucune certitude sur les dates de réouverture, explique à 20 Minutes un distributeur qui préfère ne pas donner son nom. Si on met de l’argent trop tôt, le public aura le temps d’oublier le film et la publicité aura été inutile. » Les distributeurs gardent donc leurs billes pour le moment où ils pourront révéler au grand public ces films fort prometteurs. Avec une date de sortie sûre et certaine.

Les prix constituent une publicité gratuite et prestigieuse sur laquelle il sera toujours temps de s’appuyer au moment de la réouverture. A moins que les distributeurs de ces films ne finissent pas céder à l’autre choix, celui que tout le monde veut éviter : la vente directement sur une plateforme de streaming ou en VOD avec sortie du DVD dans la foulée, ce qui fut le cas notamment pour Wonder Woman 1984 de Patty Jenkins. « Le problème, c’est le piratage, confie notre distributeur anonyme. Les spectateurs qui téléchargent illégalement les films font qu’il n’est parfois plus du tout rentable de les sortir. Plus on attend pour aller en salle, plus ce phénomène est destructeur. »

En attendant les sorties françaises de Nomadland, officiellement le 12 mai, et de The Father, qui n’a pas encore de date, on guettera déjà le 25 avril pour connaître le palmarès des Oscars où ces deux films figurent en bonne place. Quelques récompenses supplémentaires ne seront pas inutiles quand viendra l’heure de la promo.