Nice : Avec l’arrivée de formations de l’école Louis-Lumière, la volonté est de « faire revivre » le cinéma sur le territoire

FILM « Pourquoi rêver de Hollywood quand on a Nice ? », résume le conseiller municipal subdélégué au cinéma Henry Jean Servat

Elise Martin

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Les studios de La Victorine à Nice
Les studios de La Victorine à Nice — ANP / 20 Minutes
  • Les studios de la Victorine sont des studios de cinéma créés en 1919 à Nice, où ont tourné Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, ou plus récemment Woody Allen.
  • L’École nationale supérieure Louis-Lumière a été fondée en 1926 et est historiquement la deuxième école de cinéma au monde.
  • Avec cette impulsion, la ville a pour ambition de retrouver sa place dans le domaine, car malgré un passé prestigieux, les studios vivotent depuis les années 2000.

Fin mars, la ville de Nice a voté l’implantation des formations de l’ école Louis-Lumière, historiquement la deuxième école de cinéma au monde, dans les mythiques studios de la Victorine. Une façon de « réveiller cette belle endormie », selon Henry Jean Servat, adjoint à la mairie subdélégué au cinéma.

« Il faut que ces lieux retrouvent leur gloire d’antan, lance l’élu. Notre ambition est que la ville redevienne la capitale du cinéma en France, dans une politique d’ensemble, c’est-à-dire, avec des tournages, l’accueil des acteurs, des ateliers d’écritures. Qu’on en vienne à se dire : Pourquoi rêver de Hollywood quand on a Nice ? »

Henry Jean Servat continue : « Avec ces formations Louis-Lumière, les futurs grands metteurs en scène vont apprendre à connaître un territoire, sa lumière et ses spécificités. On va ainsi donner envie de venir ici pour tourner. Un effet boule de neige va se créer et Nice sera incontournable pour le domaine. »

Faire rayonner les compétences de l’école sur le territoire

Pour Méhdi Ait-Kacimi, le directeur communication et développement de l’école nationale supérieure Louis-Lumière, le fait d’implanter une formation en dehors de la région parisienne est à la fois « stratégique et une histoire de rencontres ».

Il développe : « Notre institution fonctionne de cette manière depuis un siècle, c’est bien de commencer à faire autrement. C’est l’opportunité de développer au-delà du milieu francilien les activités de l’école avec des formations qui se complètent sur la Côte d’Azur. Ainsi, l’ENS Louis-Lumière peut faire rayonner ses compétences sur cette terre de tournages, très importante pour le cinéma français. »

Cette implantation est aussi « un signal qu’on envoie aux jeunes pour annoncer qu’on vient à eux, précise le directeur de communication. Il n’est plus question de penser que tout se passe à Paris et qu’on ne peut pas réussir autrement. On espère que le public de la région sera intéressé et qu’on pourra rapidement monter des projets ensemble. Le premier bilan sera à faire d’ici quatre ou cinq ans. »

Les places restent tout de même limitées, 65 stagiaires pourront bénéficier des formations. « Nous proposons une offre qualitative, vante Méhdi Ait-Kacimi. Nos promotions sont petites ce qui nous permet d’annoncer 100 % d’insertion à la fin des parcours. Tout le monde finit par travailler dans son domaine, cinéma, photographie ou son. »

Inventer la culture du futur

La stratégie semble donc être d’inverser les tendances : créer les futurs talents plutôt d’attendre que les autres viennent. Aux formations de l’ENS Louis-Lumière, s’ajoutera en septembre 2022, une vingtaine de places pour un master création immersive en partenariat avec l’Université Côte d’Azur. Son président, Jeanick Brisswalter détaille : « depuis quatre ans, on est dans une dynamique de développement, entre recherche et innovation. Le cinéma a un positionnement fort territorial et le but de l’UCA c’est de faire le lien avec ces territoires, notamment avec Cannes et le centre de notre action avec la Bastide rouge. »

Ainsi, l’UCA « ne s’implante pas » mais « travaille avec les emblématiques studios de la Victorine ». En plus de la richesse du secteur, Jeanick Brisswalter veut utiliser le label d’excellence de l’université pour le cinéma : « On va inventer la culture du futur et inventer le cinéma de demain. Nous avons la chance d’avoirl'un des quatre instituts de l'intelligence artificielle en France. Cette technologie peut générer de la créativité et dans le domaine du cinéma, être utilisée dans le numérique, avec la réalité virtuelle par exemple. »