César 2021: « Il y a des claques dans la gueule qui permettent d’avancer », estime Marina Foïs

CEREMONIE Marina Foïs a partagé avec « 20 Minutes » ses premiers sentiments sur la cérémonie des César, dont elle sera la maîtresse de cérémonie le 12 mars sur Canal +

Caroline Vié

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Marina Foïs, maitresse de la 46e cérémonie des César
Marina Foïs, maitresse de la 46e cérémonie des César — Sabine Villiard/Canal+
  • Marina Foïs prépare activement la 46e cérémonie des César.
  • La maîtresse de cérémonie compte peser ses mots sans s’autocensurer.
  • Elle aimerait faire en sorte que public et professionnels soient heureux à l’issue de la cérémonie.

L’enjeu est de taille, mais Marina Foïs n’est pas du genre à se débiner. La maîtresse de cérémonie des César, diffusée le 12 mars sur Canal+ depuis l’ Olympia, sait qu’elle est attendue au tournant de cette 46e édition rendue compliquée par la fermeture des salles et la polémique Polanski de l’an passé.

Certains professionnels n’ont pas manqué de rappeler à 20 Minutes tout le mal qu’ils pensaient d’une cérémonie 2021 dénuée de sens, selon eux. A ce sujet, Marina Foïs part au quart de tour lors de l’interview par zoom qu’elle a accordée ce jeudi à 20 Minutes. « S’ils ont déjà vu la cérémonie avant qu’elle n'ait eu lieu, je leur conseille de ne pas la regarder le 12 mars. Comme ça, ils ne seront pas déçus !, s’exclame-t-elle. Et s’ils peuvent voir l’avenir, j’aimerais bien qu’ils me disent quand le Covid va s’arrêter ! »

Et ce ne sont pas les récentes affaires qui secouent le cinéma français, entre le président du CNC Dominique Boutonnat mis en examen ce jeudi matin pour agression sexuelle et Ladj Ly, réalisateur du César du meilleur film en 2020 pour Les Misérables, placé en garde à vue abus de confiance et abus de bien sociaux, qui facilitent les choses. « Je ne commente pas ces sujets sociétaux. Ce type d’affaires n’arrive pas que dans le milieu du cinéma et je ne connais pas les dossiers », insiste-t-elle.

Peser ses mots

Elle est comme ça, Marina Foïs. Elle s’emballe puis se reprend et c’est pour ça qu’on l’apprécie. « Je comprends que les gens ont besoin de se défouler et certains sont très drôles sur les réseaux sociaux, reconnaît-elle. Ne gardons donc que ce qui nous élève, même quand ce n’est pas gentil. Il y a des claques dans la gueule qui permettent d’avancer. »

Elle demeure tout à fait consciente de la volée de bois vert qu’a reçue Florence Foresti, maîtresse de cérémonie de l’an passé. « Je pèse mes mots mais c’est hyperfacile de déraper, très facile de rater. Il est nécessaire d’intégrer notre responsabilité qui est celle d’une parole publique, commente-elle. Après je ne suis pas sûre qu’on puisse être juste en intégrant tous les diktats et la pensée bien formatée. »

De la mesure mais pas d’autocensure

Pour autant, Marina Foïs ne s’autocensure pas. « Je pars du principe qu’il faut ne rien s’interdire et puis choisir, martèle-t-elle. Je n’ai pas de pudeur par rapport au rire car j’ai toujours ri de mes drames. »

Pour nous égayer encore davantage, Marina Foïs a déjà annoncé qu’un César d’honneur sera remis à la troupe du Splendid. « L’humour est une discipline pas un réflexe, explique-t-elle. Il y a des choses qui peuvent amuser entre amis et qui ne passent pas en public. » Elle écrit donc en compagnie de  Blanche Gardin et Laurent Lafitte, qui signe la mise en scène, tandis que Benjamin Biolay se prépare à diriger un orchestre sur scène et que Roschdy Zem préside l’ensemble. Un travail collectif comme l’élaboration d’un film. « Je ne suis pas sereine car je ne suis pas vraiment pas du genre à pratiquer le yoga, plaisante-t-elle mais j’essaye d’avoir plus confiance dans mon envie que dans mes peurs. Je ne suis pas intéressante quand je panique. »

Après avoir avoué, lors de la conférence de presse qui a précédé notre interview, qu’elle rêvait de voir son nom sur le fronton de l’Olympia, Marina Foïs n’hésite pas à pousser l’autodérision un poil plus loin. « J’ai un désir un peu mégalo de faire plaisir à plein de gens différents, dit-elle. J’aimerais que la cérémonie plaise tout autant à ceux qui font le cinéma qu’au public dit-elle. Je pense que ce qui nous lie est l’émotion, celle du rire et celle des larmes ! » C’est ce qu’on attend avec impatience de cette cérémonie dont les modalités précises seront dévoilées au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie.