« Jabberwocky » : Le premier délire de Terry Gilliam en solo connaît une nouvelle vie en vidéo

PREMIERS PAS Terry Gilliam fait vivre des aventures frappadingues et moyenâgeuses à Michael Palin dans « Jabberwocky », disponible en DVD et Blu-ray dès mercredi

Caroline Vié

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Le choix de Caro : Le retour de "Jabberwocky" — 20 Minutes
  • Le futur réalisateur de « Brazil » et de « L’Homme qui tua Don Quichotte » signait, avec « Jabberwocky », son premier film en dehors des Monty Python.
  • On reconnaît le génie visuel et le sens de l’humour potache du réalisateur dans cette comédie.
  • Le Monty Python Michael Palin y fait preuve d'une maladresse remarquable avec un talent qui l'est tout autant.

Terry Gilliam délirait déjà à plein régime en 1977. Deux ans après avoir signé le premier film des Monty Python, Sacré Graal, avec Terry Jones, le voilà qu’il signe Jabberwocky en solo. Une comédie frappadingue réalisée avec des bouts de chandelles, qui ressort restaurée par les éditions Carlotta dans un somptueux coffret Blu-ray et DVD.

« Je garde un merveilleux souvenir de ce tournage, explique Terry Gilliam à 20 Minutes. Nous étions jeunes, nous n’avions pas un sou et notre énergie remplaçait l’argent quand nous allions filmer dans les décors en ruines d’Oliver ! que Carol Reed avait tourné quelques années auparavant. »

Un goût de liberté

Michael Palin, acteur également membre des Monty Python, est venu épauler son complice en acceptant le rôle du héros ingénu maladroit résolu à terrasser un monstre pour obtenir la main de sa belle. Il est remarquable de justesse en paysan à côté de la plaque. « Jabberwocky a été important pour moi parce qu’il m’a permis de connaître le goût de la liberté sans avoir à me plier aux décisions collégiales des Monty Python, précise Terry Gilliam. J’y ai appris à pratiquer l’humour sur la durée d’un long-métrage. »

S’il s’est très librement inspiré d’un magnifique poème de Lewis Carroll (1832-1898), le futur réalisateur de Brazil s’essayait déjà à un mélange détonnant du burlesque, d’humour noir et potache tout en livrant une critique féroce de l’Angleterre en pleine crise au milieu des années 1970. « Je trouve que le film a plutôt mieux vieilli que moi ! » plaisante Terry Gilliam. On ne se prononcera pas sur la jeunesse du cinéaste mais on est d’accord avec lui pour célébrer la richesse visuelle et la modernité de Jabberwocky.