Festival de Gérardmer : Avec « Possessor », le fils de David Cronenberg gagne les faveurs du jury

FANTASTIQUE C’est « Possessor » de Brandon Cronenberg qui a reçu le Grand Prix au terme d’une compétition passionnante

Caroline Vié

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 « Possessor » de Brandon Cronenberg
« Possessor » de Brandon Cronenberg — The Jokers
  • Le Festival de Gérardmer s’est déroulé en ligne avec un jury présidé par Bertrand Bonello.
  • Processor, film de science-fiction signé Brandon Cronenberg, a remporté le Grand Prix d’une sélection riche en surprises.
  • Les films français très réussis La Nuée et Teddy ont également été distingués par la presse et le jury.

Le Festival de Gérardmer s’est réinventé pour une édition en ligne au jury présidé par Bertrand Bonello. Bien évidemment, l’atmosphère ne pouvait pas être aussi chaleureuse qu’en présentiel. Mais les douze films en compétition ont réchauffé les cœurs et fait frissonner les amoureux de cinéma fantastique. Possessor de Brandon Cronenberrg (oui, le fils de David) a remporté le grand prix. Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma et Sleep de Michael Venus se sont partagés le prix du jury. Et La Nuée de Just Phillipot reçu celui de la Critique et du public.

Un palmarès éclectique à l’image d’une sélection riche en surprises de qualités que 20 Minutes a dégusté. Revenons donc sur les découvertes que nous a offert cette 28e édition aux thématiques assez marquées.

Les femmes à la manœuvre

Cela fait un bon moment que les héroïnes du cinéma fantastique ne sont plus des « scream queens », jeunes personnes hurlant devant le danger en attendant d’être sauvées. Gérardmer confirme la tendance. La fermière de La Nuée, mère de famille paye de sa personne pour nourrir ses enfants et les sauterelles qu’elle élève. La coiffeuse psychopathe de The Stylist de Jill Gevargizian n’est pas non plus du style à se laisser empoisonner la vie par des clientes qu’elle a tôt fait de scalper. Quant à la jeune femme intrépide de Sleep de Michael Venus, elle offre un beau rôle à Sandra Huller (remarquée en 2016 dans de Toni Erdmann) qui mène l’enquête entre réalité et cauchemar pour échapper à des rêves atroces. Sans oublier la mamie de Anything for Jackson de Justin G. Dyck dont le doux sourire dissimule un goût très sûr pour la magie noire.

Quand la technique s’en mêle

Et si la terreur venait des machines ? Des films particulièrement originaux ont exploré cette piste pour étonner les festivaliers. Dans Possessor, Brandon Cronenberg, lauréat du Grand prix, marche sur les traces de son père David. Il déroute en présentant une tueuse à gages qu’une étrange technologie envoie habiter des corps de personnes innocentes afin qu’elle puisse commettre ses contrats en toute impunité. La science-fiction organique flirte avec l’horreur dans ce film dérangant. Plus actuel, Host de Rob Savage montre les dangers d’une réunion zoom quand on a la mauvaise idée de s’amuser à convoquer des esprits. Une fois n’est pas coutume, ce thriller horrifique prend toute son ampleur sur un écran d’ordinateur car les spectateurs ont vraiment l’impression de partager les épreuves des héros.

Bientôt dans les salles ?

On garde aussi un énorme faibe pour Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma, réussite « made in France », remarquée par le jury, qui revisite le mythe du loup-garou avec un Anthony Bajon, animal à souhait. Souhaitons maintenant que toutes ces petites merveilles puissent vite quitter les petits écrans pour venir terroriser les spectateurs dans des salles de cinéma enfin rouvertes…